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Schwartz
clip actu
par Matthieu Schwartz
CONTRE-SYSTÈME
La voix de Julien Clerc se distord alors qu’un
masochiste encagoulé lèche les escarpins en cuir noir d’une
dominatrice que l’on suppose sévère. C’est son choix, c’est
sa préférence à lui. “ Je suis une femme amoureuse”
hurle Mireille Mathieu quand sur l’écran, une porno star
opine, les cuisses bien écartées. Deux sumotori s’affrontent
en boucle. Une main mal assurée tente à plus de dix reprises
d’ouvrir une canette de bière. Au hasard des clics, on
passe de Kraftwerk à Georges Brassens, de Françoise Hardy (
Moi vouloir toi) à Nirvana ( Smell Like Teen Spirit remixé
façon jeu vidéo) et dans la fenêtre du lecteur multimédia,
les surprises se succèdent, et à chaque fois un nouveau
décalage s’opère.
Une durée de quelques minutes à peine, une bande sonore
principalement musicale, une certaine sophistication
esthétique, autant dire que ce sont des clips. Car même si
Michaël Borras préfère les nommer “webfilms” pour bien
signifier leur appartenance à la toile, depuis que ces
réalisations (visibles sur www.systaime.com) sont disponibles
à la vente en VHS, Akufemme, Mikadoou Just A Beer ne peuvent
plus être seulement considérées comme des curiosités de l’Internet.
De fait, Lovelygirl, Arabesqueet Kiss viennent rejoindre les
rangs d’un médium qui a tout à gagner au contact de ce
vidéaste (ré)novateur déjà remarqué par CharlÉlie
Couture.
--> Systaime
webfilms: en vente au Palais de Tokyo, au Centre
Pompidou, dans les librairies Artazart et Bimbo Tower à
Paris, ou via le site www.systaime.com
UNION COMPLEIX
Pleix est un collectif d’artistes créé en 2001.
Geneviève Gauckler et Olivier Lipski, graphistes, Michel
Metenier et Erwin Charrier, infographistes 3D, Eric Augier,
truquiste, Jean-Philippe Deslandes, musicien et monteur ainsi
que leur agent, Laetitia Rouxel ont uni leurs talents “ de
manière à mettre en place une plus grande liberté pour des
projet variés”. Comme les H5 ou les No Brain, les Pleix
(plexus ?) ont choisi, au moins virtuellement, de se
présenter en bloc. Parmi les réalisations proposées sur le
www.pleix.net, un clip retient particulièrement l’attention
: Itsu, pour le groupe Plaid, piliers émérites du label
électronique WARP.
Dans cette brève relation des splendeurs et misères d’une
holding du porc, plusieurs narrations s’enchevêtrent.
Narration directe d’abord de la réunion d’un conseil d’administration.
Narration abstraite ensuite de la présentation des résultats
de l’exercice écoulé et des projections escomptées.
Narration fantasmée enfin par un des cadres, halluciné. Tout
cela se mêle et s’emmêle, s’additionne et se multiplie
comme des équations sur un tableau noir. A la fin de la
démonstration, le dernier plan s’impose à nous comme une
évidence. Beauté de la logique d’une courbe. CQFD. C’était
une parabole. Réalisé quelques mois avant Remind Medes H5
(cf. Repérages#34) avec qui il partage quelques assonances,
Itsu est indéniablement l’un des meilleurs clips à voir
sur la toile.
--> www.pleix.net
DEPECHE MODE EN DVD
L’Anthologie Corbijn
Depuis A Question Of Time (1986), l’implication d’Anton
Corbijn, dans l’élaboration de l’image de Depeche Mode ne
s’est jamais démentie. Réalisateur presque exclusif des
vidéos-clips, photographe attitré, concepteur des pochettes
de disques et des décors de scène, l’ex-collaborateur de
NME ( New Musical Express, célèbre hebdomadaire musical
britannique) pourrait être qualifié à raison de cinquième
homme du groupe. Conséquence de cette fidélité, il se
dégage de cette anthologie exhaustive des clips produits
entre 1986 et 1998 une unité presque monotone. Etrangement
dépourvus de tout tape-à-l’oeil, Never Let Me Down Again,
Behind The Wheelet surtout Enjoy The Silence, sont des bijoux
bruts de sincérité où Andy Fletcher, Dave Graham, Martin
Gore et Alan Wilder (qui a quitté le groupe en 1995) se
prêtent à l’exercice du clip avec une patience peureuse.
En marge de la logique de promotion dominante, Personal Jesus,
I Feel You, Barrel Of A Gun procèdent d’une esthétique de
la pudeur, de la retenue, de la timidité. Réfutant les
artifices majeurs inhérents au genre (voir le play-back
parodique de Never Let Me Down Again), Corbijn s’astreint à
suivre l’évolution d’une formation qui, paradoxe apparent
pour un groupe électronique, prend tout son ampleur en live.
A ce propos, la vision de Everythings Counts, filmé en
février 1989 par D.A. Pennebaker lors du cent-unième concert
de la tournée américaine rend urgente la sortie en DVD du
documentaire ( Depeche Mode: 101) dont il est extrait…
--> DEPECHE MODE, VIDEOS 86>98,
2 DVD, Mute/Labels.
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