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Schwartz
clip review
par Matthieu Schwartz
et Olivier Forgeron
shoot
the dog / georges michael
Les desseins militants de Giorios Kyriacos
Panayiotou laissent pantois. Qui aurait cru, il y a peu, que l'aimable rigolo
puisse, faisant foin de la gaudriole homo, se piquer de polémique politique ?
La surprise est de taille : Georges Michael entre en bataille contre le suivisme
d'un prime minister qu'il ne peut pas blairer, le dépeint en toutou de Bush,
créant le scandale en dessin animé.

Tout commence dans le bureau ovale où le 43eme
président des Etats-Unis rit d'une chaussette agitée par un général. Puis
c'est un festival de farces plus ou moins salaces où l'audace satirique le
dispute à l'égocentrisme roublard de la star auto célébrée. Revue
rétrospective des looks successifs du chanteur, le cartoon enchaîne les
vignettes irrévérencieuses à la manière des tableaux d'un jeu vidéo anar
décérébré.

La reine, son fils, Saddam, Tony et Cherie, sa
dame, sont là, portraits crachés en scrolling horizontal rappelant les spiting
images de Land of Confusion (Genesis,1986). Seize ans ont passé, Thatcher a
laissé place à Blair, Bush a remplacé Reagan mais la caricature est analogue.
Le monde semble ovale, anamorphosé, grotesquement déformé par le monologue
désabusé d'une icône pop jamais sérieusement écoutée.

Dérisoire bouffonnerie simpliste ? Pertinent
brûlot pamphlétaire ? Shoot the Dog réalisé par les créateurs de
l'émission 2D TV renoue avec la tradition de provocation politique qui
accompagna le premier souffle de MTV. Mais, comme c'est étrange, le clip n'est
pas diffusé aux Etats-Unis. La critique de l'Empire n'est vraiment pas aisée M.S.
6
days /
dj Shadow
Réalisation: WKW
Le dernier film de Wong kar-wai (pour faire
branché, on écrit WKW) dure 3'41''. Trois minutes et quarante et une secondes
c'est un peu court pour un cinéaste d'habitude plutôt langoureux comme Wong
kar-wai. Mais en fait, c'est un clip. Alors on ne sait pas vraiment si ce que
l'on voit est juste elliptique ou carrément épileptique. En fait, on dirait
une bande annonce d'un film qui raconterait aussi la fin (du film). Une espèce
de version ultra courte. On pourrait appeler ça un movie digest. C'est assez
curieux. On a pas vraiment le temps de reconnaître les acteurs. Il lui
ressemble, mais c'est pas Johnny Depp. A la fin, il y a un carton avec une
citation de Bruce Lee. Normal, il y a une scène de baston, à un moment donné.
La citation dit, deux points ouvrez les guillemets : La possession de toute
chose commence dans le cerveau, ou la tête, ou l'esprit (pas facile de traduire
mind). Sinon, c'est très beau. Il y a plein de très belles couleurs, des
ralentis, des accélérés, des effets d'obturations magnifiques, des
surexposions superbes et des plans flou fabuleux. Et puis en le matant une bonne
quarantaine de fois, le dernier film de Wong kar-wai , à la fin, on arrive à
se convaincre que l'on a compris l'histoire. Apparemment, en fait, l'acteur
(c'est pas Johnny Depp, c'est Chang Chen le bandit mandchou de Tigre et Dragon)
il s'est imaginé tout ça, un peu comme dans les choses de la vie avec Michel
Piccoli. C'est pour ça que la scène de baston et bien, elle est allégorique.
C'est une métaphorisation des déchirements du couple. D'ailleurs, l'actrice
elle est tellement belle qu'on regrette pas d'avoir mater quarante fois le clip.
Simplement on est content que tous les clips, ça soit pas Woueng-Kar-Wouaieu
qui les réalise, parce qu'autrement on aurait mal à la tête à force
d'essayer de les comprendre O.F.
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