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The most
important think is not to stop questionning. [Albert Einstein] |
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SIDA : Le Doute
Synopsis d'un documentaire
de Djamel Tahi, pièce maîtresse d'une
soirée Théma sur ARTE en 1996.
La discussion qui
suivait l'émission fut parrainée par le Professeur Montagnier, co-découvreur
français du VIH. Aucune
des questions soulevées par le film ne reçut une réponse. La santé mentale
du Professeur Duesberg fut mise en question. Les survivants à long-terme et d'autres
critiques présents sur le plateau furent muselés à la demande du Professeur
Montagnier.
1
/
Note d'intention
Pour
tout un chacun, il est communément reconnu que la cause du Sida est un virus,
le HIV, qui détruit le système immunitaire des personnes infectées. Or,
depuis l'identification du virus dit du Sida, voilà aujourd'hui onze ans, il
n`a pas été possible pour la communauté scientifique, d'expliquer et de démontrer
précisément, l'étiologie du virus. Cette question essentielle divise
largement les chercheurs toujours en quête d'une explication. De ce fait,
scientifiquement parlant, la théorie du virus HIV comme cause du Sida, n`est
alors qu'une hypothèse. Soutenue il est vrai par la majorité des chercheurs,
mais cela reste néanmoins une hypothèse.
Pour
cette raison certains chercheurs, comme le Professeur Luc Montagnier de l`lnstitut
Pasteur, ou le Professeur américain Robert Root-Bernstein de l'université du
Michigan, ont invoqué l'implication d'autres agents dans la maladie, les
cofacteurs, en attribuant qu'un rôle secondaire au virus HIV. Ce n'est également
qu'une hypothèse.
D`autres
chercheurs sont allés plus loin, et avancent que le virus HIV n'est pas la
cause du Sida. Pour ces chercheurs, appartenant à l'élite scientifique, toutes
les connaissances accumulées sur le Sida au cours de ces dix dernières années,
permettent d'affirmer que ce n'est pas une maladie infectieuse, et que son évolution
pathologique et épidémiologique le prouve. Leur hypothèse est que le Sida est
une maladie due à plusieurs facteurs liés au mode de vie des personnes
atteintes, qui provoquerait un désordre immunitaire irréversible.
Dans
ce film consacré au Sida, il ne s'agit pas bien sûr de tenter de démontrer
quelle est la théorie qui l'emporte sur l'autre, mais plutôt de faire un état
des lieu des connaissances, des doutes, et des interrogations qui persistent après
toutes ces années de recherche. Pour cela nous développerons les arguments qui
questionnent la cause du Sida. Nous lèverons le voile sur la controverse qui règne,
presque à huis clos, au sein de la communauté scientifique. Et à travers les
portraits des principaux acteurs qui animent ce débat, nous tenterons de
comprendre pourquoi, ils n'acceptent pas ce qui reconnu par tous.
2 /
L'histoire: Onze ans déjà!
Washington
D.C. 23 Avril 1984. La salle de conférence de presse est bondée par les
journalistes et les caméras de télévision. Margaret Heckler, alors Secrétaire
à la santé du gouvernement Reagan, et Robert Gallo Professeur de virologie à
l'lnstitut Bethesda, annoncent au monde entier qu'ils ont identifié la cause du
Sida. C'est une nouvelle grande victoire pour la recherche médicale des
Etats-Unis. Le coupable est un rétrovirus qui détruit le système immunitaire
des personnes infectées. Au cours de cette même conférence, le Professeur
Robert Gallo déclare qu'un vaccin sera disponible dans les deux prochaines années.
La
suite de l'histoire révélera que la découverte du virus n'appartenait pas au
virologiste américain, qui fut condamné par ses pairs pour fraude
scientifique. Et malgré les moyens mis en oeuvre, les années qui suivirent ne
donnèrent pas le jour à un vaccin contre la maladie.
3 /
Les
espoirs déçus
Au
début, I'espoir de gagner la bataille contre le Sida ne laissait place à aucun
doute. En moins de trois ans les chercheurs avaient identifié la cause de la
maladie. Une véritable prouesse. Il fallait alors stopper l'épidémie. Tous
les chercheurs travaillant aux quatre coins du monde, et les importants moyens
investis dans la recherche, devaient mener la médecine vers une nouvelle
victoire sur la maladie. La plus petite avancée sur le Sida était aussitôt
disséquée, expliquée et commentée, par la presse et la télévision. Et le
public retenait son souffle, prêt à entendre les mots fatidiques "Nous
avons trouvé!".
Au
fil des mois et des années, les déclarations se sont faites plus prudentes,
les résultats moins prometteurs, et la presse moins patiente. Lors de la dernière
conférence internationale sur le Sida, qui se tenait à Paris en Juin 1994, un
quotidien de la capitale titrait "I'optimisme du début des années de la
recherche sur le Sida, a laissé place aujourd'hui à un réel désarroi".
Tous sont obligés de reconnaître qu'il n'y a toujours pas de remède, et que
la recherche piétine. La course aux vaccins s'est soldée par un constat d'échec,
et les lobbies pharmaceutiques hésitent à investir à nouveau. Pour ceux qui
souffrent du Sida, le pronostic reste des plus pessimistes.
4 /
La
polémique
Peut-on
alors contester l'incontestable, la cause même du Sida, et du même coup
supposer que la communauté scientifique internationale se soit trompée? Car,
si le virus isolé par le Professeur Luc Montagnier est largement accepté comme
étant la cause du Sida, d'autres hypothèses ont été avancées depuis déjà
plusieurs années.
Dès
1986 certains chercheurs, et non des moindres, s'insurgent contre l'affirmation
qu'un virus pourrait être la cause de cette nouvelle maladie. Parmi eux, Albert
Sabin Prix Nobel de Biologie, Henry Gilbert Prix Nobel de Chimie, Harry Rubin et
Peter Duesberg pionniers de la Rétrovirologie, Richard Strohman biochimiste émérite
de Harvard, Robert Root-Bernstein Immunologiste, lauréat de cette même année.
Pour cette poignée de chercheurs appartenant à l'élite scientifique américaine,
I'affirmation faite par le Professeur Robert Gallo en Avril 1984 n'a jamais été
prouvée, et de ce fait reste alors une hypothèse.
Contrairement
à ses collègues qui ont timidement fait entendre leur désaccord, le
Professeur Peter Duesberg clame publiquement que la recherche sur le Sida fait
fausse route. Pour lui, c'est le début de la descente aux enfers. Hier reconnu
par tous comme un des meilleurs virologistes du monde, il est aujourd'hui ignoré
et exclu du débat scientifique.
5 /
Débat
à huis clos
Mais
la polémique ne disparaît pas pour autant. Bien au contraire, elle ne fait que
s'amplifier, et soulève un malaise grandissant au sein de la communauté
scientifique. Même les plus éminents chercheurs de la recherche sur le Sida
restent impuissants à enrayer cet affrontement.
Autour
du Professeur Peter Duesberg se forme un groupe de scientifiques, et sous
l'impulsion du biologiste Charles Thomas Jr, ils créent le groupe «Reappraising
Aids». Et dans une lettre commune, ils réclament la révision de l'hypothèse
du Sida. En vain.
Mais
les affrontements que soulève cette polémique ne peuvent plus être ignorés.
En 1989 revue scientifique française Recherche & Immunologie, invite le
Professeur Luc Montagnier et le Professeur Peter Duesberg à un débat dans ses
colonnes. Tous deux acceptent le challenge. Peter Duesberg envoie ses réflexions
à la revue, qui les publie. Luc Montagnier ne répondra jamals.
6 /
Y
a-t-il un scientifique dans la salle?
"Le
virus est la cause du Sida. Il n'y a aucun doute sur ce point. Posez la question
à cinq mille chercheurs, ils vous répondront tous la même chose". Cette
réponse laconique, fut celle du Professeur Robert Gallo à un journaliste qui
le questionnait sur les arguments de son virulent collègue, le Professeur Peter
Duesberg.
Dans
le domaine de la recherche scientifique, la parole de cinq mille chercheurs
n'est pas suffisante. La science avance par hypothèses, qui sont soumises à
des règles très strictes. Si une hypothèse est correlée par ces règles,
celle-ci devient alors un fait, et donc une référence scientifique. Dans le
cas contraire, elle reste une hypothèse.
L'histoire
du Biochimiste Kary Mullis illustre bien le manque de preuves scientifiques qui
entoure la théorie sur le Sida. En 1993, Kary Mullis obtient le Prix Nobel de
Chimie pour son invention de la P.C.R. (Polymerase Chain Reaction). L'invention
du Biochimiste américain permet de déceler la plus infime particule virale.
Bien sûr cette nouvelle découverte devait servir la recherche sur le Sida, et
Kary Mullis fut lui-même amené à travailler dans ce domaine.
Dés
l'instant où il commença son travail, Kary Mullis voulut se procurer la référence
scientifique qui stipulait que le virus était la cause du Sida. La réponse
qu'il reçut était plutôt surprenante. Personne n'avait besoin d'une telle référence,
tout le monde savait cela. Devant son insistance, on le dirigea vers le Centre
des Maladies Infectieuses d'Atlanta. Là aussi, on ne lui apporta pas de réponse
satisfaisante. Au cours d'un colloque international sur le Sida, Kary Mullis
s'adressa directement au professeur Luc Montagnier, I'homme qui avait découvert
le virus responsable du Sida. Le virologiste français avoua que cette référence
n'existait pas. Depuis, Kary Mullis n'a cessé de questionner les arguments qui
soutiennent la théorie sur le Sida. Il est à ce jour le troisième Prix Nobel
à avoir rejoint le groupe "Reappraising Aids".
La
notoriété du Biochimiste américain n'a fait qu'accroître l'embarras des
responsables de la recherche sur le Sida, qui ont néanmoins réaffirmé qu'il
n'y avait aucun doute sur le fait que le virus était la cause du Sida.
Quiconque soutenant le contraire, encourageait les gens à risquer leur vie. Ce
à quoi Kary Mullis rétorqua qu'il n'était pas un "lifeguard", mais
un scientifique. En tant que tel il se devait de dire ce qu'il pensait, et il ne
pouvait apporter son soutien à une théorie qui relevait plus de la religion,
que de la science.
7 /
Paradoxe
Depuis
le début de la recherche sur le Sida, les observations concernant l'étiologie
du virus, les pathologies de la maladie, et de l'épidémie, soulèvent
plusieurs paradoxes. Et l'inaptitude des chercheurs à les résoudre, renforce
le doute sur l'origine du Sida. Mais la question qui reste peut-être la plus
importante, et qui continue d'absorber les chercheurs, est de comprendre comment
un virus presque introuvable, ou dormant, serait-il la cause de la destruction
du système immunitaire des malades du Sida. Après plus de dix ans de
recherche, des sommes colossales investies par les gouvernements et les
laboratoires pharmaceutiques, la question reste posée. On ne sait pas comment
agit le virus.
Avec
les années, le Sida a un peu perdu de son caractère inéluctable. Les séropositifs
qui ne développent pas le Sida alors qu'ils ont été infectés par le virus
voilà dix ans et plus (surnommés les Long Term Survivors), sont en nombre
croissant. Cette nouvelle réalité de la maladie déroute les chercheurs. Les
hypothèses se suivent: un virus moins virulent, une immunité plus combative,
.. mais l'énigme persiste. Autre dilemne: une étude faite dans plusieurs
grandes villes occidentales montre, que les prostituées qui collectionnent les
M.S.T., ne sont que très peu touchées par le virus du Sida. Là aussi, aucune
explication convaincante n'est avancée.
En
1992, une étude américaine révèle l'exustence d'un petit nombre, non négligeable,
de malades du Sida, chez qui il est impossible de retrouver la trace du virus.
Ces personnes présentent tous les symptômes caractéristiques du Sida (immunodéficience,
sarcome de Kaposi, pneumocistose), mais tous les tests restent négatifs à la
présence du virus. Cette nouvelle déconcerte quelque peu les chercheurs. Le
Sida pourrait-il apparaître sans le virus? Ces quelques cas furent baptisés
ICL (Idiopathic CD4 Lymphopenia), et considérés comme une maladie particulière
n'étant pas liée au Sida. A ce jour, aucune étude sérieuse n'a été
entreprise pour déterminer le nombre exact de malades du Sida, n'ayant pas été
infectés par le virus.
Autre
paradoxe, cette fois soulevé par le dernier rapport du Réseau National de la
Santé Publique Française. Ce rapport montre que, contrairement à toutes les
prévisions, la progression de la maladie chez les hétérosexuels reste faible,
et que l'on ne peut pas parler d'épidémie dans cette population. Les hémophiles
échappent au mal, et dans les autres groupes à risques, homosexuels et
toxicomanes, I'épidémie reste stable. Le constat est le même dans les autres
pays d'Europe, ainsi qu'aux Etats-Unis. L'explosion de l'épidémie, tant annoncée,
n'a pas eu lieu.
8 /
Confusion
Pour
la majorité des chercheurs, le virus est la seule et unique cause du Sida, et
tous les efforts pour trouver une solution à cette maladie convergent dans ce
sens. Pour d'autres, une minorité, une poignée même, le virus n'est pas la
cause du Sida. Une troisième théorie va venir semer la confusion dans ce débat
déjà houleux.
Nous
sommes à San Francisco, en 1990, lors de la 3ème Conférence Internationale
sur le Sida. Voilà plusieurs années que les chercheurs s'échinent à trouver
un moyen pour neutraliser le virus. C'est au cours de cette Conférence que le
Professeur Luc Montagnier, auteur de la découverte du virus du Sida, annonce
que le virus n'est pas le responsable de la destruction du système immunitaire
des malades. Pour le virologiste français, le virus n'est qu'un des éléments
de la maladie. Seul, le virus est inoffensif. Le professeur Luc Montagnier
invoque alors l'hypothèse des cofacteurs.
Cette
déclaration, reprise par l'ensemble de la presse scientifique et
internationale, fait l'effet d'un coup de tonnerre. Le Professeur Robert Gallo
fustige le virologiste français, I'accusant de semer la confusion sur la cause
du Sida, et ainsi soutenir les arguments du Professeur Peter Duesberg.
Isolé,
et critiqué publiquement par ses confrères, le Professeur Luc Montagnier ne
tempère pas moins ses propos. Au contraire. Aujourd'hui sa position est encore
plus radicale. Pour lui, le Sida est une maladie opportuniste! Là, il faut
mesurer la portée de ses paroles. Qu'est-ce que cela signifie? Tout simplement
que le virus agit uniquement dans un milieu déjà prédisposé par d'autres
agents infectieux (cofacteurs). Une personne saine, qui serait mise en contact
avec le virus ne développerait pas le Sida. Mieux encore, elle éliminerait
tout naturellement le virus.
Une
récente déclaration du Professeur Robert Gallo faite à un quotidien
britannique, ajoute à la confusion. Le virologiste américain reconnaît
aujourd'hui, la possibilité qu'un ou plusieurs cofacteurs soient impliqués
dans le processus de la maladie.
9 /
Chacun
son Sida
Qu'est-ce
que le Sida? Un test positif qui indique l'infection par le virus, un système
immunitaire défaillant, I'apparition d'une des trente maladies opportunistes répertoriées
sous ce sigle? Difficile de répondre à cette question, car la réalité de
cette maladie est beaucoup plus complexe. Si le dénominateur commun reste la séropositivité,
tous les autres paramètres diffèrent.
En
France, comme en Europe et aux Etats-Unis, le Sida touche en majorité les
hommes, huit fois sur dix, et presque toujours les homosexuels et les
toxicomanes. Cela n'est pas compatible avec une maladie infectieuse, qui devrait
se propager de manière équitable chez les personnes des deux sexes. Des études
épidémiologiques ont montré que les homosexuels ne souffraient pas des mêmes
maladies que les toxicomanes, ainsi que les rares hémophiles touchés par le
Sida. Certaines de ces maladies semblent être liées au mode de vie propre à
ces groupes, plutôt qu'à l'infection par le virus.
Nous
avons tous en mémoire les premiers cas de Sida qui apparurent au début des années
1980, à San Fransisco, sur la côte Ouest des Etats-Unis. Bon nombre des
homosexuels touchés par le Sida étaient atteints d'un cancer de la peau, le
Sarcome de Kaposi, surnommé le "cancer gai", car seuls les
homosexuels souffraient de ce mal. L'implication de cette maladie dans le Sida,
est un des principaux arguments du Professeur Peter Duesberg contre la théorie
du virus. Celui-ci remarque que si le Sarcome de Kaposi était provoqué par un
agent infectieux, il devrait toucher les malades du Sida sans distinction de
groupes à risques, d'âge et de sexe. Ce qui n'est pas le cas.
Depuis,
le Sarcome de Kaposi a fait l'objet de nombreuses études, et il est maintenant
bien établi que les drogues récréatives comme le Poppers, jouent un rôle
important dans ce cancer de la peau. Le Docteur Haverkos, de l'lnstitut National
des Drogues, est certainement un des premiers à avoir fait le lien entre ces
drogues et le Sarcome de Kaposi, au point qu'il a longtemps soupçonné qu'elles
pouvaient être la cause du Sida.
Bien
que le rôle du virus dans le Sarcome de Kaposi reste obscur, cette maladie
figure toujours sous le sigle du Sida. Mais reconnaître que cette maladie ne
soit pas liée au virus du Sida, alors qu'elle en fut la marque effrayante
durant des années, soulèverait certainement beaucoup de questions.
10 /
AZT,
DDI, DDC, pour ou contre?
Depuis
les essais du programme Concorde de 1993, qui constituait la plus importante étude
sur les effets de l'AZT, la méfiance vis à vis des thérapies contre le Sida
est toujours présente. Cette étude avait démontré que l'AZT n'était
d'aucune utilité pour les séropositif asymptomatiques, voire préjudiciable à
leur santé.
Aujourd'hui
l'AZT et les autres antirétroviraux sont mieux connus et mieux utilisés. Même
si beaucoup s'accordent à reconnaître qu'ils ne constituent pas la panacée,
leurs effets bénéfiques sur certains malades, sont limités mais réels. Mais,
malgré toutes les études, leurs utilisations restent très controversées.
Certains médecins, forts de leur e,xpérience sur le "terrain",
soutiennent qu'il faut utiliser les antirétroviraux le plus tôt possible chez
les séropositifs ayant une immunité en bon état. D'autres assurent obtenir de
meilleurs résultats avec les personnes déjà atteintes par la maladie. Dans la
réalité quotidienne, la prophylaxie du traitement est souvent tributaire de la
réaction du patient aux médicaments. Pour l'un, c'est une bénédiction, pour
l'autre, une souffrance supplémentaire.
Pour
le Professeur Hoffmann, cancérologue à l'hôpital de San Diego, tous les antirétroviraux
comme l'AZT, le DDI, .. ne peuvent être d'aucun secours pour les malades du
Sida. L'AZT, le DDI, .. proviennent de la chimiothérapie cancéreuse, et leur
action empêche la réplication cellulaire, et du même coup celle du virus.
Mais les dégâts occasionnés dans le système cellulaire par ces médicaments
sont trop importants en comparaison des maigres bienfaits, affirme le cancérologue
américain. A long termne, ces médicaments peuvent accélérer l'issue fatale
de la maladie.
11 /
L'Afrique
toujours et encore
Ravagée
depuis des décennies par la Tuberculose et la Malaria, I'Afrique doit
aujourd'hui faire face à un nouveau fléau: Le Sida. D'aprés l'O.M.S. le
continent africain compte le plus grand nombre de séropositifs. Ne pouvant bénéficier
des mêmes soins que les malades occidentaux, si la communauté internationale
ne fait rien, les morts se compteront par millions.
Neville
Hodgkinson est journaliste au quotidien londonien, le Sunday Time. Il est spécialiste
des questions médicales depuis vingt-cinq ans. Au cours de l'année 1993, il
effectue un voyage en Afrique Centrale pour écrire une série d'articles sur la
situation de ces pays face au Sida. Ce que Neville Hodgkinson découvre au cours
de son voyage, le déconcerte profondément.
Contrairement
à ce qui avait été rapporté au cours des années précédentes par les
nombreuses équipes de reportages, I'Afrique ne semble pas mourir du Sida.
Neville Hodgkinson ne vit aucune trace des villages dévastés par le Sida,
quand les villages étaient déserts, des témoignages lui apprenaient que la
population avait gagné la ville. Il ne croisa pas non plus les milliers
d'orphelins, errant sans but sur les routes. Pas plus de traces des cimetières
improvisés dans la brousse, supposés garder les dépouilles des victimes de ce
nouveau mal.
Bien
sûr l'Afrique est malade. Mais toujours et encore de la Tuberculose et de la
Malaria. Bref, de sa pauvreté. Seul les noms ont changé. Maintenant cela
s'appelle le Sida. Le nouveau mal est là, invisible, et partout à la fois.
Dans tous les esprits et toutes les bouches, se confondant avec tout. L'impact
psychologique du Sida sur les populations africaines est désastreux.
12 /
Censure
Dès
son retour à Londres, le Sunday Times publie le fruit de l'enquête de Neville
Hodgkinson, sous le titre provocateur "Sida en Afrique, le mythe d'une épidémie".
La condamnation est sans appel, et unanime. Toute la presse londonienne
s'insurge contre les faits relatés par le journaliste du Sunday Time. Le plus
virulent de tous est John Maddox, rédacteur en chef de la plus prestigieuse
revue scientifique du monde, Nature. John Maddox, fustige le quotidien Londonien
dans un article au titre ironique "Qui a le droit de parler du Sida?"
Quelques
années auparavant, et plus récemment encore, le Professeur Peter Duesberg fut
directement attaqué pour ses propos sur le Sida, par ce même John Maddox. Et
malgré les demandes de droit de réponse du virologiste américain, le rédacteur
en chef de la prestigieuse revue scientifique n'en fit rien. Pour toute réponse
il écrivit et publia, dans sa revue, un article dont le sujet était de savoir
si oui ou non, le Professeur Peter Duesberg avait droit à la parole. Assurément,
la réponse était non, car aujourd'hui encore le sujet reste tabou.
Que
peut-on reprocher au journaliste londonien? Il a rapporté, honnêtement, les
faits et les témoignages qu'il a rencontrés au cours de son voyage. Ni plus ni
moins. Et Neville Hodgkinson n'a jamais contesté la théorie du Sida, ce qui
renforce l'objectivité de son enquête en Afrique. Quand au Professeur Peter
Duesberg, et ceux qui partagent son avis, en tant que chercheurs ils se doivent
de questionner toutes hypothèses, pour ainsi faire avancer le débat
scientifique. Après quinze ans de recherches sans grand succès, qui peut se prévaloir
de connaître la vérité sur le Sida. Alors! qui a le droit de parler du Sida?
13 /
Positif
or not positif?
L'annonce
de la séropositivité est certainement une des expériences les plus
traumatisantes qui soit. Elle signifie, à moyen ou à long terme, I'apparition
de la maladie. La peur qu'engendre cette nouvelle provoquerait, une baisse des défenses
immunitaires.
Aujourd'hui
les laboratoires bénéficient de deux tests pour diagnostiquer si un patient a
été infecté par le virus du Sida. Le test ELISA, et le test Western Blot. Si
le test ELISA est positif, le Western Blot doit aussi être positif pour
confirmer la séropositivité. A la fin des années 1980, la fiabilité des
tests avaient été mise en doute. Depuis, dans certains pays d'Europe comme la
Grande Bretagne, les laboratoires pratiquent plusieurs tests avant de prononcer
la séropositivité. A la suite de la mise en vigueur de cette nouvelle loi, le
nombre de séropositifs a été réévalué. Une personne sur trois avait été
déclarée positive au test du Sida, alors qu'elle ne l'était pas. En France,
la réglementation n'a pas changé, le test ELISA et le test Western Blot
restent suffisants pour le diagnostic de l'infection par le virus du Sida.
Une
récente étude faite en Centre Afrique par le Professeur Max Essex, a démontré
que dans les régions où la lèpre sévissait de manière endémique depuis des
décennies, le nombre de faux séropositifs au test du Sida était d'environ
50%. Les tests ELISA et Western Blot réagissaient positivement sur des
personnes n'ayant pas été infectées par le virus du Sida, mais ayant des résidus
du virus de la lèpre. C'est une réaction croisée. L'auteur de ce rapport
concluait, en soulignant l'extréme prudence dont il fallait faire preuve, avant
d'établir un diagnostic de séropositivité dans ces régions.
Cela
nous pousse à nous interroger sur les statistiques de l'O.M.S. qui montrent
l'Afrique comme la lanterne rouge de l'épidémie du Sida. Combien d'autres régions,
combien d'autres pays, sont sujets à ces erreurs? Et l'Asie qui bientôt, d'après
l'O.M.S., dépassera le continent africain. Mais en Occident et dans tous les
pays dits industrialisés, où le milieu parasitaire est nettement inférieur à
l'Afrique, tous s'accordent à reconnaître la fiabilité des tests du Sida.
Enfin, presque tous.
Eleni
Papadopulos est Biologiste Chimiste au Royal Hospital de Perth, en Australie.
Cette Biochimiste australienne, avec son équipe, a consacré ces quatre dernières
années à l'étude de la précision des tests du Sida. Le résultat de ce long
travail a démontré que les tests ELISA et Western Blot n'étaient pas
suffisamment spécifiques pour déterminer un diagnostic de séropositivité au
virus du Sida. En d'autres termes, un résultat positif au test du Sida, ne
prouve pas que l'on ait été infecté par le virus.
Evidemment,
on mesure l'importance des résultats des travaux de l'équipe australienne. Si
le seul moyen que nous possédons pour déterminer l'infection par le virus du
Sida n'est plus fiable, tout s'effondre. L'explication de la maladie, les données
épidémiologiques, les campagnes de préventions, tout! Comme Kary Mullis et
Neville Hodgkinson, la biologiste australienne n'avait jamais contesté la théorie
du Sida, c'est à travers ses recherches que le doute est apparu.
Eleni
Papadopulos envoya le résultat de ses travaux à la revue scientifique Nature,
qui ne les publia pas.
14 /
Le
virus, fantôme ou cauchemar des chercheurs?
Vivre
avec le virus du Sida. Vivre avec cette menace perpétuelle, comme une épée de
Damoclès suspendue au dessus de notre tête, ne sachant pas quand et comment,
elle tombera. Quel avenir peut-on construire, ou plutôt quel avenir est-on en
droit d'espérer?
Contrairement
aux autres virus qui font apparaître les symptômes de la maladie quelques
jours ou quelques semaines après l'infection, le virus du Sida semble rester en
sommeil pendant une période qui peut varier de cinq à dix ans, voire plus, et
tout à coup se réveiller et déclencher le processus de la maladie. Cette période
de latence est une des questions majeures toujours restées sans réponse.
Jusqu'au mois de Mars 1995.
Les
Professeurs David Ho et Robert Shaw ont démontré, dans une étude très
complexe qui a nécessité l'aide de mathématiciens, que cette période de
latence n'existait pas. En fait, d'après le résultat de leurs travaux, le
virus serait actif dès le début de l'infection et pendant toutes les années
qui précèdent l'apparition du Sida. Le virus et le système immunitaire se
livreraient un combat acharné, au cours duquel des milliards de particules
virales et de cellules sont détruites chaque jour. Au bout de plusieurs années,
le système immunitaire s'épuise, et le virus du Sida gagne la bataille.
Les
résultats de ces travaux furent publiés dans la revue scientifique Nature,
ainsi que par la presse internationale, et accueillis comme la plus grande découverte
sur le Sida de ces dix dernières années. Les travaux des deux chercheurs américains
répondaient aux questions soulevées, à juste titre soulignait la presse, par
le groupe "Reappraising Aids", et du même coup éliminaient la thèse
des cofacteurs si chère au Professeur Luc Montagnier. Le virus était bien la
seule et unique cause du Sida.
Mais
les nombreuses critiques que suscitent les conclusions quelque peu hâtives de
ces résultats, tempèrent l'ardeur de ses supporters. Pour bon nombre de
chercheurs, les conclusions de ces travaux sont en partie erronées, pour
d'autres carrément irrecevables. Si bien que la revue scientifique Nature, qui
les avait largement supportées, dut publier une partie du courrier les
critiquant. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les conclusions des deux
chercheurs américains, ne faisaient pas l'unanimité.
Aujourd'hui,
le débat sur le Sida a hérité d'un nouveau dilemme. Le virus est-il dormant
au cours de toutes les années qui précèdent la maladie, ou alors est-il actif
dès le début et au cours de l'infection? Cette question qui peut paraître
sans grande importance pour les malades qui, eux, attendent une solution concrète,
ramène les chercheurs à cette question insoluble et toujours d'actualité:
Comment agit le virus du Sida? Et tant que cette question restera sans réponse,
la solution au Sida risque de se faire encore longtemps attendre.
15 /
Hypothèse
L'hypothèse
la plus répandue, est bien sûr celle qui affirme que le virus serait la seule
et unique cause du Sida. Cette hypothèse se base sur le fait que tous les
malades, ou presque, du Sida ont été infectés par le virus. Il n'en reste pas
moins que son processus étiologique reste toujours inexpliqué.
Alors!
Quel est la cause du Sida?
Pour
le Professeur Peter Duesberg et le Professeur Kary Mullis, les données épidémiologiques
et les caractéristiques du Sida, prouvent que les différentes maladies réunies
sous ce sigle ne peuvent pas être le fait d'un agent infectieux. Les deux
chercheurs américains soulignent que 60% des malades touchés par le Sida, sont
des homosexuels qui mènent une vie sexuelle débridée, consomment régulièrement
des drogues récréatives, de l'alcool, et des antibiotiques pour soigner ou prévenir
les infections auxquelles ils sont exposés. Les toxicomanes, eux, représentent
près d'un tiers des sidéens. La consommation de drogues dures (héroïne, cocaïne)
durant plusieurs années, est un des facteurs de la destruction du système
immunitaire. Ajoutez à cela, les multiples infections dues à l'échange des
seringues, la malnutrition et l'insalubrité auxquelles les toxicomanes
s'exposent, et vous avez des malades du Sida en puissance. Pas besoin d'un virus
pour cela, assurent Peter Duesberg et Kary Mullis.
Les
défenseurs de l'hypothèse des cofacteurs, comme le Professeur Luc Montagnier
et le Professeur Robert Root-Bernstein, attribuent la cause du Sida à plusieurs
agents infectieux, dont le virus du Sida ferait partie. L'action simultanée de
tous ces agents infectieux provoquerait, après plusieurs années, une confusion
dans le système immunitaire, qui alors s'auto-détruirait. C'est le phénomène
de l'auto-immunité, et de l'apoptose. C'est pourquoi le Sida reste, après
quinze ans, toujours confiné chez les mêmes groupes (homosexuels, toxicomanes)
qui sont confrontés à toutes sortes d'infections. Donc, pour Luc Montagnier et
Robert Root-Bernstein, le virus seul ne peut pas provoquer le Sida, mais reste néanmoins
un des éléments importants du syndrome.
Mais
ces deux hypothèses, qui apportent plusieurs éléments de réponses au Sida,
soulèvent aussi certains paradoxes. Si la majorité des malades du Sida sont
des homosexuels et des toxicomanes sujets à toutes sortes d'infections, les
homosexuels ayant une vie saine, les hémophiles, les hétérosexuels, et aussi
les enfants, sont victimes de la maladie. La, I'hypothèse des drogues et des
cofacteurs n'est plus valable.
Pour
ces malades, qui ne font pas partie des groupes à risques «classiques», il
faut s'interroger sur le diagnostic du Sida dont ils sont frappés. Le`Sida représente
aujourd'hui près de trente maladies distinctes, n'ayant souvent rien à voir
entre elles, et dans un tiers des cas elles ne sont pas liées au système
immunitaire du malade. La confusion réside dans le statut de la séropositivité,
affirme le Professeur Peter Duesberg ainsi que les autres chercheurs. Toute
personne déclarée séropositive, est un malade du Sida, quelque soit la
maladie dont il souffre.
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Crise
scientifique
La
guerre contre le cancer est perdue! C'est le constat fait par la communauté
scientifique internationale. Après trente ans de lutte acharnée, ce mal fait
toujours des milliers de victimes de par le monde.
La
guerre engagée voilà onze ans contre le Sida serait-elle en train de suivre le
même chemin? La science a-t-elle perdu ses pouvoirs? Ou est-elle en train de
payer les erreurs de ses illustres prédécesseurs, Louis Pasteur et Robert
Koch, qui ont posé les bases de la virologie, en désignant les virus comme étant
la cause de tous nos maux.
Mais
n'est-ce pas aussi notre médecine qui est en cause? En prônant l'utilisation
massive des antibiotiques durant ces quarante dernières années, n'a-t-elle pas
contribué à détériorer notre santé? C'est en tous cas l'avis du Professeur
Montagnier, qui affirme qu'une telle pratique nous a rendu vulnérables à des
virus restés jusque là inoffensifs.
Les
sommes colossales investies dans la recherche, la pression exercée par les
investisseurs à l'affût de résultats, et la starisation des chercheurs par
les médias, ont définitivement changé le visage de la recherche scientifique.
La science aurait-elle perdu son âme, et succomber au pouvoir et à l'argent,
au point de ressembler à la politique?
Djamel Tahi.
djameltahi@hotmail.com
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