:// Pour une nouvelle alliance transatlantique
par Valentina Pauli1 et Patrick Vaneck2
octobre 2003, pour Opération Phénix

Phase 3 / Armageddon métanational : Occident et Islam en double rapport d'inversion.

Dans son ouvrage fondamental sur les Origines Historiques du National-Socialisme, Ernst Nolte ne craint pas d’affirmer que la seconde guerre mondiale ne fut rien de moins que la première guerre civile européenne.

Cela lui valut, on le sait, les invectives moralitaires désormais rituellement répétitives de la presse cuculturelle aux ordres, d’un bord à l’autre du Rhin.

Nous ne craindrons pas ici d’affirmer, dans sa lignée, et avec les risques subséquents que cela pourrait impliquer, que la quatrième guerre mondiale aujourd’hui en cours n’est rien d’autre que la première guerre civile planétaire.

Les cybermiliciens de V8, les facteurs léninistes de la LCR, les écoloconvertis dits « Verts » (ils n’auront pas à changer la couleur de leur drapeau), les « identitaires perdus » à la recherche d’une Mama-Gaïa de substitution, les agents du Moukhabarat des organisations « antiracistes », les Sections Spéciales de la Justice Française, les partisans et les apparatchiks de la Chirak Oil Company, les crevures collabos de tous acabits, bref tous les futurs dhimmis de la République Islamique du Frankistan doivent bien se pénétrer de l’idée, comme on le fait de certains objets spécialisés dans l’introjection rectale, que RIEN DÉSORMAIS N’EST EN MESURE D’ARRÊTER LE CONTRE-MOUVEMENT EN COURS.

Rien n’est en mesure d’arrêter une Révolution. Surtout s’il s’agit d’une Contre-Révolution (car cette Contre-Révolution est métalocale, c’est à dire à la fois globale et microlocale, spatiale et transhistorique, tout comme l’Adversaire désormais prêt à enfin se révéler tel qu’en lui même).

Et surtout si son point d’origine, tout comme son horizon destinal, se trouvent en Amérique : La Contre-Révolution a commencé, et elle a commencé en Amérique. Oui, en Amérique. À quel endroit de l’espace et du temps pensait-on que cela puisse survenir ?

Dans la Principauté de Monaco ?

En Belgique ?

À Paris ? !

 

Rien ne s’avère plus difficile à décrypter que le « simple »  affrontement de deux puissances civilisationnelles rivales depuis des siècles, et pour les siècles des siècles.

En effet, dans l’univers métalocal et post-historique qui est le nôtre, les affrontements ne sont plus – s’il l’ont jamais été ! - médiés par des dialectiques : le monde de la métaphysique marchande, le monde du faux totalisé s’est retourné comme un gant dès la première collision avec le RÉEL, c’est-à-dire avec l’INVISIBLE : dès la première rencontre, cataclysmique, entre des bêtes de feu et de métal surgies du ciel et la double hélice verticale des tours de la Nouvelle Babylone, au demeurant Nouvelle Rome et Nouvelle Jérusalem tout à la fois; ainsi, les paradoxes les plus fondamentaux que ce pseudo-monde tentait maladroitement d’occulter, sous le spectacle mis en boucle de sa propre réification, c’est lui même, par une Ruse de la Création, qui se voit chargé de les faire surgir, telle une PHYSIQUE qui ne nous semble « nouvelle » que parce que nous l’avons oublié depuis des siècles.

Une thermodynamique spécifique est en train d’introduire des formes de géométrie politique beaucoup plus complexes, et plus difficilement traduisibles en termes dits « simples » et « compréhensibles » ( y compris, et surtout, pour nous mêmes), que la plupart des définitions héritées du Monde d’avant la Fin du Monde.

Nous savons bien qu’il va être fort difficile de faire admettre à des esprits formatés (comme nous le fûmes, et le sommes encore à bien des égards) par un véritable programme d’anti-éducation obligatoire, prodrome définitionnel du grand règne du nihilisme qui est désormais notre lot commun à tous, que la modernité progressiste est précisément ce qui a jeté l’Occident dans l’abîme qui, nous le voyons tout particulièrement en France, nation fondatrice des mythologies du progrès, conduit finalement à la conversion de l’ensemble du corps politique à l’Islam.

Comme le savait Nietzsche il y a plus d’un siècle, le dernier homme ne peut se résoudre à ne rien vouloir, aussi désire-t-il le rien, ou plutôt le nihilisme c’est précisément cette tension constamment induite entre le « rien-vouloir » et le « vouloir-le-rien » qui enferme dans son orbicule individuelle tout ce que l’homme moderne ose appeler sa « conscience ».

C’est pourquoi l’Islam vient-il fort à propos combler le dernier des derniers hommes, celui qui a épuisé TOUS les nihilismes constitutifs des diverses phases d’expansion de la société progressiste, d’un vouloir-le-rien qui, grâce à son quiétisme absolu, et donc luciférien, englobe aussi le rien-vouloir, et s’offre ainsi d’annihiler et le Monde Faux, celui de l’Anti-Occident des « Lumières », et le Monde Vrai, le Monde Invisible que le premier s’est chargé de recouvrir de ses fantômes « réels », et qui vient d’être à nouveau rendu VISIBLE, à quelques uns au moins, et sans doute bien plus que nous ne serions tentés de le croire.

l’Islam, est-il besoin de le préciser, est en effet le syncrétisme gnostique historial (et post-historique) du nihilisme anarchiste et du déisme manichéen : Il se révèle comme l’expression ultime de tous les nihilismes formulés par l’occident progressiste : de la Réforme à l’Anarcho-socialisme, du Nationalisme au Nazisme, du Communisme à la Scientologie.

Mais expression ultime, il en fut d’abord l’expression première : alpha et oméga du nihilisme, l’Islam c’est l’Histoire Secrète de l’Occident, c’est le fondateur occulte de toutes les grandes crises de la chrétienté, puis de la société « moderne », et désormais, donc, de la dernière société d’entre toutes : celle du Monde « mondialisé », celle du Monde d’après la Fin-du-Monde.

Nous le considérons comme le premier programme de nationalisation de Dieu. Et par conséquent comme le dernier programme de dé-divinisation de l’Homme.

En comparaison, lorsque son corset pseudo-prophétique enchaînera la terre entière, nous chanterons la nostalgie des dictatures les plus terribles du XXe siècle.

 

Nous voudrions tout d’abord que les esprits qui nous lisent tentent de se débarrasser des réflexes dits « rationnels » institués par 3 siècles de dualisme et de cartésianisme, à notre avis incapables de rendre compte avec justesse de la nature des phénomènes en cours.

Nous voudrions par exemple qu’ils admettent notre considération première de l’espace politique comme un champ de forces, plastique et dynamique, dans lesquels des formes de convections, de chiasmes, d’intorsions, donc de paradoxes actifs définissent les énergies libérées par la première guerre civile globale.

Nous voudrions qu’ils admettent aussi que le conflit entre l’Occident et l’Islam est le signe que les deux Souverainetés, les deux Puissances, celle du Christ, celle de l’Antéchrist, doivent s’affronter pour l’Homme, et sa Planète, et que la guerre ouverte entre le terrorisme islamo-mondial et d’obscures organisations secrètes transnationales en est à la fois le prélude, et la structure fondamentale, celle de l’Armageddon, c’est à dire la face ésotérique de la Fin de l’Histoire, là où la lumière elle même est contenue dans les ténèbres, qui ne peuvent la saisir (Évangile de Jean).

Ainsi le biopolitique et le religieux sont ils bien les deux moments à la fois conjoints et disjoints d’un seul processus : celui de la Division Infinie, celui de la Technique-Monde, qui par cette guerre, ses fins comme ses moyens, signe à la fois son accomplissement et sa perte, son abandon, son passage vers la forme supérieure tant attendue, tant retardée depuis des siècles.

Ils devront ainsi admettre, comme nous avons dû le faire, que le conflit en cours, qu’on ne peut plus vraiment délimiter comme « mondial », est surtout une guerre totale entre au moins deux Mondes, et que pour cette raison ce n’est pas seulement la « Palestine » d’Arafat ou du Hamas qui affronte les Juifs sur leur terre ancestrale d’Israël, ce n’est pas simplement Ben Laden, ou Saddam Hussein, qui « invoquent le jihâd » contre l’Amérique et les « Croisés », nous voulons dire : il ne s’agit pas de « discours » emboîtés comme les autres dans les minables contingences sociales de l’époque, en tant qu’époque particulière qui par ailleurs n’existe plus, mais c’est 14 siècles de tensions ouvertes ou tacites qui brutalement s’actualisent au moment où tous les Mondes Humains sont coexistants, coévolutifs, et codestructifs. Et si elles s’actualisent avec une telle véhémence c’est parce qu’il existe un lien caché entre les deux métaformes, entre les deux mondes principaux, entre l’Occident et l’Islam.

Et ce « lien » n’est pas un « objet », même abstrait, instituant médiatiquement une relation de type dialectique, en fait il s’agit d’un phénomène assez étrange où chaque Monde se voit attribuer un facteur décisif dans l’origine et la fin de l’autre, mais selon des polarités radicalement inverses, qui situent » chacun des mondes très différemment sur la topologie ainsi constituée, nous allons essayer de revenir clairement sur cette notion.

 

Lorsque l’Islam fait son apparition sur la scène historique, vers l’an 600 de notre ère chrétienne, cela fait cinq siècles environ que le Christianisme combat les hérésies qui naissent, sans arrêt, en son sein, ou à ses marges, pour ne citer que les plus significatives, car elles furent myriades : Arianisme, Nestorianisme, Sabellianisme, Adoptianisme, Paulinisme, Appolinarisme, Marcionisme, Manichéisme, Monothélisme, Monophysisme (premier « schisme » officiel), sans compter les Gnosticismes genre Ophisme ou Setho-Orphisme, Valentiniens, Simoniens, adeptes de Basilide ou Barbeliotes… Cette tension permanente entre l’Orthodoxie et les Hérésies fut d’ailleurs sans nul doute un des actes constitutifs de la Religion Catholique, car si les hérésies pouvaient mordre du terrain, c’était le plus souvent grâce à leur imitation « plus que parfaite » de la vérité (comme Saint Irénée le rappelle fort justement : « sous des dehors spécieux, le mensonge tend à vouloir se faire plus vrai que la vérité elle-même »), tout autant qu’aux « flous » successifs laissés par la christologie et la théologie de l’époque.

Ces « flous », ces zones d’ombre que les grands théologiens, grâce au Logos, sont chargés d’éclaircir, c’est précisément le point de contact concret, l’interrelation active entre le Créateur et Sa Créature. Ainsi d’Origène à Tertullien, de Saint Irénée à Saint Épiphane, de Saint Athanase à Saint Hilaire de Poitiers, et nous en resterons là pour ne pas submerger nos lecteurs d’une liste digne d’un bibliothécaire du Vatican qui pourrait de surcroît nous faire passer pour des agents doubles de l’Opus Déï et de la CIA, l’Église des premiers siècles se vit forcée de surpasser sans cesse sa pensée, de la faire advenir devrions-nous dire, afin de tordre le cou aux premiers intellectuels « gnostiques » qui se faisaient fort - grâce à quelques tours de passe-passe autosuggestifs et l’aspiration platement humaine de vouloir être Dieu, sans le moindre Sacrifice - de devenir eux-mêmes le Christ, en gambadant allègrement d’Hebdomades en Monades, de 365 Cieux en « Abîme-du-Chaos », bref en acclimatant du mieux qu’ils pouvaient quelques traditions orphiques et platoniciennes à la formidable révélation métacosmique du Dieu Vivant.

 

Si l’Islam survient au coeur de l’Arabie du Désert, il serait erroné de croire pour autant que ce « désert » ne fut pas, précisément, peuplés d’humains.

Et en quantité substantielle.

Car l’Arabie heureuse de ces temps là, quoique déjà largement entamée par la saharisation, recelait encore de grandes oasis de verdure, et les bédouins semi-nomades du Helladj étaient en contact permanent avec les marchands venus d’Orient ou d’Occident, transitant par les caravansérails de Médine, ou d’Aden.

Certes, on peut envisager que ces mêmes marchands aient pu, au long des siècles, communiquer des savoirs ésotériques aux peuplades arabes du désert, entre deux tapis et quelque collier d’ambre ou plateau d’argent, néanmoins cette explication laisse un peu sur sa faim, on l’admettra aisément.

On comprend mieux, pensons-nous, la brutale accrétion de la religion islamique sur ce corpus topologique et historique bien précis si l’on constate une chose pour le moins saisissante :

Dès les premières luttes contre les hérésiarques chrétiens, la Papauté, ou les Métropolites locaux, finissaient par bannir ceux qui se refusaient à embrasser la foi Catholique. On ne les exécutaient pas, comme plus tard en Ansar-al-Islam, mais on les expulsaient fermement de tous les territoires de la Chrétienté.

Or entre l’an 300 et 600, cela voulait dire inévitablement vers l’Arabie, car tous les autres territoires étaient soit christianisés, ou en voie de l’être, soit des « terra incognita » fort lointaines, dont on ignorait d’ailleurs le plus souvent l’existence.

Ainsi, les Nestoriens, après l’excommunication de leur chef spirituel, accomplirent-ils, au nombre de plusieurs centaines de milliers, un très long voyage vers les confins actuels de l’Irak, de l’Iran et de l’Arabie Saoudite. Le Nestorianisme n’est qu’un exemple mais sur le plan du volume de populations déplacées il fut cependant unique en son genre. Vers l’an 600, on comptait encore plusieurs millions de nestoriens dispersés aux frontières de ce que l’on nommait alors « Assyrie » et « Arabie », et jusqu’aux limites de la Perse et de ce qui s’appelle aujourd’hui Afghanistan.

Et il ne sera pas anodin de constater, dans ce contexte, un phénomène analogue se produire dans la communauté juive encore très présente au Proche-Orient. La destruction du Temple, en 70 après J.C., et la large conversion au Christianisme de l’ensemble des Peuples de l’Ancien Monde, disons l’Empire de Rome et ses périphéries, en 5 siècles environ, avait confronté l’Ancien Israël au Nouveau, et le Nouveau avait conquis l’Univers.

Dès la destruction du Temple, de multiples mouvements néomessianiques juifs vont apparaître, dans la lignée des Esséniens et des Zélotes, et de la même façon que les Évêques chrétiens bannissaient leurs hérétiques vers les marges du Monde, en Arabie, les prêtres de la Synagogue firent de même avec leurs rabbins ou disciples soupçonnés de dériver vers quelque chose qui aurait pu s’apparenter à l’émergence d’un second, puis pourquoi pas d’un troisième christianisme.

C’est là sans doute que c’est joué le destin de Mahomet.

Il ne sous sera pas possible de faire ici une exégèse patiente et détaillée de toutes les hérésies, juives et chrétiennes, qui se mirent à pulluler en Orient comme en Occident passé le premier siècle.

Que l’on nous permette néanmoins d’affirmer, après une étude détaillée et comparative du Coran et des textes gnostiques des IIe et IIIe siècles, ou des évangiles marcionites, que l’Islam n’est pas autre chose qu’un syncrétisme très habile des grandes traditions hérétiques : dualisme fondamental (manichéisme), refus de la Trinité, sous la forme d’un strict Unitarisme (monarchianisme, sabelliannisme), coupure ontologique radicale entre le Dieu « Bon » des Évangiles et le Dieu « Méchant » de l’Ancien Testament (marcionisme), refus de la Divinité du Christ (adoptiannisme, paulinisme), refus conséquent de l’acception fondamentale de Marie-Mère-de-Dieu (principale hérésie du nestorianisme), iconoclasmie (presque toutes), mais aussi anathèmes « prophétiques » contre la Maison d’Israël purement déclinés des Livres de l’Ancien Testament, là aussi la liste serait longue et recouperait quasiment toutes les sourates du Coran.

Ce qu’il importe de voir dans cette liste fort incomplète il est vrai, mais significative à nos yeux, c’est qu’elle se compose aussi d’à peu près tous les ingrédients de la future grande crise chrétienne, disons même post-chrétienne, soit la Réforme, et l’Idéologie des Modernes, qui, en partie, lui est subséquente.

Ce que l’Islam avait synthétisé à sa manière, ce que les Cathares n’étaient point parvenus à réaliser, grâce à l’intervention de Saint-Dominique puis de Simon de Montfort, le Protestantisme luthérien va lui donner une forme finale, nous devrions dire une forme « chrétienne » si elle n’ouvrait pas en fait l’Ère Moderne, si elle n’annonçait pas déjà tous les nihilismes révolutionnaires qui allaient patiemment détruire l’Europe durant trois siècles. Certes, la Réforme ne va pas jusqu’à contester la Trinité divine (quoique certaines sectes protestantes le font) et accepte encore la divinité de Jésus-Christ (quoique certaines sectes protestantes la rejettent), mais la contestation absolue des Saints, de l’Icône, de la Vierge-Marie, le refus de la Transsubstantiation, et même de la Consubstantiation pour certains, exemples significatifs, sont déjà présents dans la religion de Mahomet, et chez les « Parfaits » de Montségur.

Lorsqu’au XVIIIe siècle, à la suite d’un Grand Siècle qui avait constamment oscillé, aussi bien en France qu’en Angleterre – mais selon des modalités et des rythmes fort différents –, entre d’une part souveraineté royale et principe monarchique, et d’autre part souveraineté populaire et principe démocratique, lorsqu’au XVIIIe siècle donc, la France des « Lumières », brutalement, conglomère à son tour deux siècles de Réforme et d’utilitarisme anglais pour en faire l’Idéologie matérialiste, révolutionnaire et « encyclopédique » qui parvient à nier Dieu, à mettre l’Homme à sa place, mais sans changer aucunement la place – comme disait Deleuze ‑, elle pose les bases de tout le processus fatal qui nous entraîne désormais vers le Choc, autant dire la Contre-Chute, car lorsque l’homme ainsi intronisé Démiurge de ce Nouveau Monde va finalement, en deux ou trois siècles de progrès et de génocides, s’effondrer sur lui-même, épuisé, il n’aura plus d’autre solution, comme tout nihiliste intoxiqué par son propre poison, que de se ressourcer à la seule « Lumière » qui peut alors lui apparaître : celle qui de tout temps était « cachée » derrière celle des socialismes et des utopies en kit, dont il était si friand.

Il est même probable que cette affiliation originaire soit un jour clairement revendiquée par tous ceux qui abandonnerons le vieux porte-avions rouillé du marxisme pour le Boeing beaucoup plus spectaculaire-tendance de cette religion qui prône ouvertement la destruction totale de tout ce qu’elle ne peut comprendre. À ce titre, pour paraphraser Lacan, nous dirons que « Roger Garaudy fut un précurseur ».

 

La première tentation, arrivés ici, serait de disjoindre dialectiquement, faute impardonnable, les forces en présence entre d’une part l’Occident moderne, et d’autre part l’Islam résurgent. On voit très vite à quel balbutiement de la pensée cela peut nous ramener : d’un côté la religion du yatagan, de l’autre l’Amérique du Coca-Cola. Mc World contre Jihâd, et toutes ces bonhomies universitaires des Lipovetsky californiens. On a aussi entendu, avec beaucoup de patience de notre part, de telles fumeuses allégories sur un plateau français de télévision fort connu, lorsqu’un écrivain du crû, revenu d’une expédition touristique à Bagdad en compagnie de guides du Baas, nous fit part de sa vision manichéenne, typiquement islamique en effet, partageant l’univers entre l’Amérique « Protestante » et l’Islam.

C’est que précisément, de la même façon que l’Occident n’est pas que « moderne », l’Amérique n’est-elle pas, loin de là, que « Protestante », et ce que l’on pourrait soupçonner, à tort, d’être une faiblesse, pourrait bien s’avérer, lorsque cette Guerre de tous les Mondes sera sur le point de s’achever, comme la force secrète qui animait notre civilisation.

L’Islam, lui, n’est jamais, de tout son dualisme absolument monolithique, et en dépit de son morcellement originel en sectes diverses, que lui-même.

En comparaison, l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, dont le « conservatisme » est depuis un bail mis en accusation, ressemble à une véritable surprise-partie.

Ce n’est d’ailleurs pas tant que l’Islam ne changerait pas, et que la religion Catholique, elle, changerait tout le temps, ou même l’inverse, mais c’est que la Religion Catholique DEVIENT sans cesse elle-même, par-delà même ses propres Conciles, et que l’Islam, figé dans son codex, ne change qu’à l’intérieur de ses propres limites.

 

C’est la raison pour laquelle nous devons bien comprendre la nature réelle de la double inversion réactualisée brusquement dans ce qu’on croyait être une post-histoire sans fin, ni véritables « événements ».

Le 11 septembre, à ce titre, doit être compris comme un métaévénenement, car il est à la fois la structure type et l’origine, tout comme le télos de toute la conflagration.

Il est essentiel de saisir que le rapport est en effet asymétrique :

L’Islam est le premier et le dernier des nihilismes post-chrétiens, il est l’ombre fondatrice de la modernité occidentale, et il est l’horizon destinal que l’Antéchrist lui réservait, mais l’en dehors de ses limites est précisément la Révélation Christique, et en ce sens, il faut comprendre qu’une société islamisée ne peut plus en effet « progresser » vers quoi que ce soit d’autre qu’elle même parce qu’elle a atteint dès la première phase de son développement la stase nihiliste absolue, celle de l’indifférenciation totale entre politique et religieux, entre biopolitique et spirituel, entre humain et divin.

À l’inverse l’Occident n’avait su sécréter jusque-là que des « fantômes » du nihilisme fondamental, le plus souvent dans la plus totale inconscience.

Il reste, dans les civilisation du Contre-Monde Chrétien, encore beaucoup de choses à détruire, que les nihilismes « endogènes » à l’Occident des Modernes n’avaient su jusque là que corrompre.

Mais leur travail de corrosion doit bien être vu comme l’avant-garde du despotisme islamique, même, et surtout, s’ils en furent les « idiots utiles », les naïfs de service qui se mêlent de politique sans avoir lu Machiavel.

L’Islam est l’Universalisme égalisateur dans toute sa splendeur achevée, un potentat Égyptien doué aurait pu convertir toute la France dès les premières expéditions archéologiques du Directoire.

En ce sens il est « parfait », c’est à dire « mort ». Il ne peut que boucler sur lui-même, et l’univers avec lui.

Nos sociétés occidentales « post-modernes », sauf pour celles qui sont d’ores et déjà en phase de « pré-islamisation », sont donc confrontées à une limite ontologique que l’Islam ne connaît pas, et ne peut connaître, et par conséquence franchir :

Afin de résister au nihilisme du Désert non métaphorique, elle sont obligées de se confronter aux déserts de leurs nihilismes intérieurs, qui les rongent, et ouvrent la porte au premier ; et pour s’abstraire des déserts de leurs nihilismes intérieurs, elles doivent entreprendre de résister au nihilisme du Désert non métaphorique, c’est-à-dire de le vaincre.

Percé, Gaspésie – Toronto, Ontario, le 17 octobre 2003.

1-2 Valentina Pauli et Patrick Vaneck sont des pseudonymes

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