Cela
lui valut, on le sait, les invectives moralitaires désormais rituellement
répétitives de la presse cuculturelle aux ordres, d’un bord à l’autre du
Rhin.
Nous ne
craindrons pas ici d’affirmer, dans sa lignée, et avec les risques
subséquents que cela pourrait impliquer, que la quatrième guerre mondiale
aujourd’hui en cours n’est rien d’autre que la première guerre civile
planétaire.
Les
cybermiliciens de V8, les facteurs léninistes de la LCR, les écoloconvertis
dits « Verts » (ils n’auront pas à changer la couleur de leur
drapeau), les « identitaires perdus » à la recherche d’une
Mama-Gaïa de substitution, les agents du Moukhabarat des organisations
« antiracistes », les Sections Spéciales de la Justice Française,
les partisans et les apparatchiks de la Chirak Oil Company, les crevures
collabos de tous acabits, bref tous les futurs dhimmis de la République
Islamique du Frankistan doivent bien se pénétrer de l’idée, comme on le
fait de certains objets spécialisés dans l’introjection rectale, que RIEN
DÉSORMAIS N’EST EN MESURE D’ARRÊTER LE CONTRE-MOUVEMENT EN COURS.
Rien n’est en
mesure d’arrêter une Révolution. Surtout s’il s’agit d’une
Contre-Révolution (car cette Contre-Révolution est métalocale, c’est à
dire à la fois globale et microlocale, spatiale et transhistorique, tout comme
l’Adversaire désormais prêt à enfin se révéler tel qu’en lui même).
Et
surtout si son point d’origine, tout comme son horizon destinal, se trouvent
en Amérique : La Contre-Révolution a commencé, et elle a commencé en
Amérique. Oui, en Amérique. À quel endroit de l’espace et du
temps pensait-on que cela puisse survenir ?
Dans la
Principauté de Monaco ?
En
Belgique ?
À
Paris ? !
Rien
ne s’avère plus difficile à décrypter que le « simple »
affrontement de deux puissances civilisationnelles rivales depuis des siècles,
et pour les siècles des siècles.
En effet, dans l’univers
métalocal et post-historique qui est le nôtre, les affrontements ne sont plus
– s’il l’ont jamais été ! - médiés par des dialectiques :
le monde de la métaphysique marchande, le monde du faux totalisé s’est
retourné comme un gant dès la première collision avec le RÉEL, c’est-à-dire
avec l’INVISIBLE : dès la première rencontre, cataclysmique, entre des
bêtes de feu et de métal surgies du ciel et la double hélice verticale des
tours de la Nouvelle Babylone, au demeurant Nouvelle Rome et Nouvelle
Jérusalem tout à la fois; ainsi, les paradoxes les plus fondamentaux que ce
pseudo-monde tentait maladroitement d’occulter, sous le spectacle mis en
boucle de sa propre réification, c’est lui même, par une Ruse de la
Création, qui se voit chargé de les faire surgir, telle une PHYSIQUE qui ne
nous semble « nouvelle » que parce que nous l’avons oublié depuis
des siècles.
Une
thermodynamique spécifique est en train d’introduire des formes de
géométrie politique beaucoup plus complexes, et plus difficilement
traduisibles en termes dits « simples » et
« compréhensibles » ( y compris, et surtout, pour nous mêmes), que
la plupart des définitions héritées du Monde d’avant la Fin du
Monde.
Nous savons bien
qu’il va être fort difficile de faire admettre à des esprits formatés
(comme nous le fûmes, et le sommes encore à bien des égards) par un
véritable programme d’anti-éducation obligatoire, prodrome
définitionnel du grand règne du nihilisme qui est désormais notre lot commun
à tous, que la modernité progressiste est précisément ce qui a jeté l’Occident
dans l’abîme qui, nous le voyons tout particulièrement en France, nation
fondatrice des mythologies du progrès, conduit finalement à la conversion de l’ensemble
du corps politique à l’Islam.
Comme
le savait Nietzsche il y a plus d’un siècle, le dernier homme ne peut se
résoudre à ne rien vouloir, aussi désire-t-il le rien, ou
plutôt le nihilisme c’est précisément cette tension constamment induite
entre le « rien-vouloir » et le « vouloir-le-rien » qui
enferme dans son orbicule individuelle tout ce que l’homme moderne ose appeler
sa « conscience ».
C’est pourquoi
l’Islam vient-il fort à propos combler le dernier des derniers hommes,
celui qui a épuisé TOUS les nihilismes constitutifs des diverses phases d’expansion
de la société progressiste, d’un vouloir-le-rien qui, grâce à son
quiétisme absolu, et donc luciférien, englobe aussi le rien-vouloir,
et s’offre ainsi d’annihiler et le Monde Faux, celui de l’Anti-Occident
des « Lumières », et le Monde Vrai, le Monde Invisible que le
premier s’est chargé de recouvrir de ses fantômes « réels », et
qui vient d’être à nouveau rendu VISIBLE, à quelques uns au moins, et sans
doute bien plus que nous ne serions tentés de le croire.
l’Islam,
est-il besoin de le préciser, est en effet le syncrétisme gnostique historial
(et post-historique) du nihilisme anarchiste et du déisme manichéen : Il
se révèle comme l’expression ultime de tous les nihilismes formulés par l’occident
progressiste : de la Réforme à l’Anarcho-socialisme, du Nationalisme au
Nazisme, du Communisme à la Scientologie.
Mais expression
ultime, il en fut d’abord l’expression première : alpha et oméga
du nihilisme, l’Islam c’est l’Histoire Secrète de l’Occident, c’est
le fondateur occulte de toutes les grandes crises de la chrétienté, puis de la
société « moderne », et désormais, donc, de la dernière
société d’entre toutes : celle du Monde « mondialisé »,
celle du Monde d’après la Fin-du-Monde.
Nous
le considérons comme le premier programme de nationalisation de Dieu. Et
par conséquent comme le dernier programme de dé-divinisation de l’Homme.
En comparaison,
lorsque son corset pseudo-prophétique enchaînera la terre entière, nous
chanterons la nostalgie des dictatures les plus terribles du XXe siècle.
Nous
voudrions tout d’abord que les esprits qui nous lisent tentent de se
débarrasser des réflexes dits « rationnels » institués par 3
siècles de dualisme et de cartésianisme, à notre avis incapables de rendre
compte avec justesse de la nature des phénomènes en cours.
Nous voudrions
par exemple qu’ils admettent notre considération première de l’espace
politique comme un champ de forces, plastique et dynamique, dans lesquels des
formes de convections, de chiasmes, d’intorsions, donc de paradoxes actifs définissent
les énergies libérées par la première guerre civile globale.
Nous
voudrions qu’ils admettent aussi que le conflit entre l’Occident et l’Islam
est le signe que les deux Souverainetés, les deux Puissances, celle du Christ,
celle de l’Antéchrist, doivent s’affronter pour l’Homme, et sa Planète,
et que la guerre ouverte entre le terrorisme islamo-mondial et d’obscures
organisations secrètes transnationales en est à la fois le prélude, et la
structure fondamentale, celle de l’Armageddon, c’est à dire la face
ésotérique de la Fin de l’Histoire, là où la lumière elle même est
contenue dans les ténèbres, qui
ne peuvent la saisir (Évangile de Jean).
Ainsi le
biopolitique et le religieux sont ils bien les deux moments à la fois conjoints
et disjoints d’un seul processus : celui de la Division Infinie, celui de
la Technique-Monde, qui par cette guerre, ses fins comme ses moyens, signe à la
fois son accomplissement et sa perte, son abandon, son passage vers la forme
supérieure tant attendue, tant retardée depuis des siècles.
Ils
devront ainsi admettre, comme nous avons dû le faire, que le conflit en cours,
qu’on ne peut plus vraiment délimiter comme « mondial », est
surtout une guerre totale entre au moins deux Mondes, et que pour cette
raison ce n’est pas seulement la « Palestine » d’Arafat ou du
Hamas qui affronte les Juifs sur leur terre ancestrale d’Israël, ce n’est
pas simplement Ben Laden, ou Saddam Hussein, qui « invoquent le jihâd »
contre l’Amérique et les « Croisés », nous voulons dire :
il ne s’agit pas de « discours » emboîtés comme les autres dans
les minables contingences sociales de l’époque, en tant qu’époque
particulière qui par ailleurs n’existe plus, mais c’est 14 siècles de
tensions ouvertes ou tacites qui brutalement s’actualisent au moment où tous
les Mondes Humains sont coexistants, coévolutifs, et codestructifs. Et si elles
s’actualisent avec une telle véhémence c’est parce qu’il existe un lien
caché entre les deux métaformes, entre les deux mondes principaux, entre l’Occident
et l’Islam.
Et ce
« lien » n’est pas un « objet », même abstrait,
instituant médiatiquement une relation de type dialectique, en fait il s’agit
d’un phénomène assez étrange où chaque Monde se voit attribuer un facteur
décisif dans l’origine et la fin de l’autre, mais selon des polarités
radicalement inverses, qui situent » chacun des mondes très
différemment sur la topologie ainsi constituée, nous allons essayer de revenir
clairement sur cette notion.
Lorsque
l’Islam fait son apparition sur la scène historique, vers l’an 600 de notre
ère chrétienne, cela fait cinq siècles environ que le Christianisme combat
les hérésies qui naissent, sans arrêt, en son sein, ou à ses marges, pour ne
citer que les plus significatives, car elles furent myriades : Arianisme,
Nestorianisme, Sabellianisme, Adoptianisme, Paulinisme, Appolinarisme,
Marcionisme, Manichéisme, Monothélisme, Monophysisme (premier
« schisme » officiel), sans compter les Gnosticismes genre Ophisme
ou Setho-Orphisme, Valentiniens, Simoniens, adeptes de Basilide ou Barbeliotes…
Cette tension permanente entre l’Orthodoxie et les Hérésies fut d’ailleurs
sans nul doute un des actes constitutifs de la Religion Catholique, car si les
hérésies pouvaient mordre du terrain, c’était le plus souvent grâce à
leur imitation « plus que parfaite » de la vérité (comme Saint
Irénée le rappelle fort justement : « sous des dehors spécieux, le
mensonge tend à vouloir se faire plus vrai que la vérité elle-même »),
tout autant qu’aux « flous » successifs laissés par la
christologie et la théologie de l’époque.
Ces
« flous », ces zones d’ombre que les grands théologiens, grâce
au Logos, sont chargés d’éclaircir, c’est précisément le point de
contact concret, l’interrelation active entre le Créateur et Sa
Créature. Ainsi d’Origène à Tertullien, de Saint Irénée à Saint
Épiphane, de Saint Athanase à Saint Hilaire de Poitiers, et nous en resterons
là pour ne pas submerger nos lecteurs d’une liste digne d’un
bibliothécaire du Vatican qui pourrait de surcroît nous faire passer pour des
agents doubles de l’Opus Déï et de la CIA, l’Église des premiers siècles
se vit forcée de surpasser sans cesse sa pensée, de la faire advenir devrions-nous
dire, afin de tordre le cou aux premiers intellectuels
« gnostiques » qui se faisaient fort - grâce à quelques tours de
passe-passe autosuggestifs et l’aspiration platement humaine de vouloir
être Dieu, sans le moindre Sacrifice - de devenir eux-mêmes le Christ, en
gambadant allègrement d’Hebdomades en Monades, de 365 Cieux en « Abîme-du-Chaos »,
bref en acclimatant du mieux qu’ils pouvaient quelques traditions orphiques et
platoniciennes à la formidable révélation métacosmique du Dieu Vivant.
Si
l’Islam survient au coeur de l’Arabie du Désert, il serait erroné de
croire pour autant que ce « désert » ne fut pas, précisément,
peuplés d’humains.
Et en quantité
substantielle.
Car
l’Arabie heureuse de ces temps là, quoique déjà largement entamée
par la saharisation, recelait encore de grandes oasis de verdure, et les
bédouins semi-nomades du Helladj étaient en contact permanent avec les
marchands venus d’Orient ou d’Occident, transitant par les caravansérails
de Médine, ou d’Aden.
Certes, on peut
envisager que ces mêmes marchands aient pu, au long des siècles, communiquer
des savoirs ésotériques aux peuplades arabes du désert, entre deux tapis et
quelque collier d’ambre ou plateau d’argent, néanmoins cette explication
laisse un peu sur sa faim, on l’admettra aisément.
On
comprend mieux, pensons-nous, la brutale accrétion de la religion islamique sur
ce corpus topologique et historique bien précis si l’on constate une chose
pour le moins saisissante :
Dès les
premières luttes contre les hérésiarques chrétiens, la Papauté, ou les
Métropolites locaux, finissaient par bannir ceux qui se refusaient à
embrasser la foi Catholique. On ne les exécutaient pas, comme plus tard en
Ansar-al-Islam, mais on les expulsaient fermement de tous les territoires de la
Chrétienté.
Or
entre l’an 300 et 600, cela voulait dire inévitablement vers l’Arabie, car
tous les autres territoires étaient soit christianisés, ou en voie de l’être,
soit des « terra incognita » fort lointaines, dont on ignorait d’ailleurs
le plus souvent l’existence.
Ainsi, les
Nestoriens, après l’excommunication de leur chef spirituel, accomplirent-ils,
au nombre de plusieurs centaines de milliers, un très long voyage vers les
confins actuels de l’Irak, de l’Iran et de l’Arabie Saoudite. Le
Nestorianisme n’est qu’un exemple mais sur le plan du volume de populations
déplacées il fut cependant unique en son genre. Vers l’an 600, on comptait
encore plusieurs millions de nestoriens dispersés aux frontières de ce que l’on
nommait alors « Assyrie » et « Arabie », et jusqu’aux
limites de la Perse et de ce qui s’appelle aujourd’hui Afghanistan.
Et
il ne sera pas anodin de constater, dans ce contexte, un phénomène analogue se
produire dans la communauté juive encore très présente au Proche-Orient. La
destruction du Temple, en 70 après J.C., et la large conversion au
Christianisme de l’ensemble des Peuples de l’Ancien Monde, disons l’Empire
de Rome et ses périphéries, en 5 siècles environ, avait confronté l’Ancien
Israël au Nouveau, et le Nouveau avait conquis l’Univers.
Dès la
destruction du Temple, de multiples mouvements néomessianiques juifs vont
apparaître, dans la lignée des Esséniens et des Zélotes, et de la même
façon que les Évêques chrétiens bannissaient leurs hérétiques vers les
marges du Monde, en Arabie, les prêtres de la Synagogue firent de même avec
leurs rabbins ou disciples soupçonnés de dériver vers quelque chose qui
aurait pu s’apparenter à l’émergence d’un second, puis pourquoi pas d’un
troisième christianisme.
C’est
là sans doute que c’est joué le destin de Mahomet.
Il ne sous sera
pas possible de faire ici une exégèse patiente et détaillée de toutes les
hérésies, juives et chrétiennes, qui se mirent à pulluler en Orient comme en
Occident passé le premier siècle.
Que
l’on nous permette néanmoins d’affirmer, après une étude détaillée et
comparative du Coran et des textes gnostiques des IIe et IIIe siècles, ou des
évangiles marcionites, que l’Islam n’est pas autre chose qu’un
syncrétisme très habile des grandes traditions hérétiques : dualisme
fondamental (manichéisme), refus de la Trinité, sous la forme d’un strict
Unitarisme (monarchianisme, sabelliannisme), coupure ontologique radicale entre
le Dieu « Bon » des Évangiles et le Dieu « Méchant »
de l’Ancien Testament (marcionisme), refus de la Divinité du Christ (adoptiannisme,
paulinisme), refus conséquent de l’acception fondamentale de
Marie-Mère-de-Dieu (principale hérésie du nestorianisme), iconoclasmie
(presque toutes), mais aussi anathèmes « prophétiques » contre la
Maison d’Israël purement déclinés des Livres de l’Ancien Testament, là
aussi la liste serait longue et recouperait quasiment toutes les sourates du
Coran.
Ce qu’il
importe de voir dans cette liste fort incomplète il est vrai, mais
significative à nos yeux, c’est qu’elle se compose aussi d’à peu près
tous les ingrédients de la future grande crise chrétienne, disons même post-chrétienne,
soit la Réforme, et l’Idéologie des Modernes, qui, en partie, lui est
subséquente.
Ce
que l’Islam avait synthétisé à sa manière, ce que les Cathares n’étaient
point parvenus à réaliser, grâce à l’intervention de Saint-Dominique puis
de Simon de Montfort, le Protestantisme luthérien va lui donner une forme
finale, nous devrions dire une forme « chrétienne » si elle n’ouvrait
pas en fait l’Ère Moderne, si elle n’annonçait pas déjà tous les
nihilismes révolutionnaires qui allaient patiemment détruire l’Europe durant
trois siècles. Certes, la Réforme ne va pas jusqu’à contester la Trinité
divine (quoique certaines sectes protestantes le font) et accepte encore la
divinité de Jésus-Christ (quoique certaines sectes protestantes la rejettent),
mais la contestation absolue des Saints, de l’Icône, de la Vierge-Marie, le
refus de la Transsubstantiation, et même de la Consubstantiation pour certains,
exemples significatifs, sont déjà présents dans la religion de Mahomet, et
chez les « Parfaits » de Montségur.
Lorsqu’au
XVIIIe siècle, à la suite d’un Grand Siècle qui avait constamment oscillé,
aussi bien en France qu’en Angleterre – mais selon des modalités et des
rythmes fort différents –, entre d’une part souveraineté royale et
principe monarchique, et d’autre part souveraineté populaire et principe
démocratique, lorsqu’au XVIIIe siècle donc, la France des
« Lumières », brutalement, conglomère à son tour deux siècles de
Réforme et d’utilitarisme anglais pour en faire l’Idéologie matérialiste,
révolutionnaire et « encyclopédique » qui parvient à nier Dieu,
à mettre l’Homme à sa place, mais sans changer aucunement la place – comme
disait Deleuze ‑, elle pose les bases de tout le processus fatal qui nous
entraîne désormais vers le Choc, autant dire la Contre-Chute, car lorsque l’homme
ainsi intronisé Démiurge de ce Nouveau Monde va finalement, en deux ou trois
siècles de progrès et de génocides, s’effondrer sur lui-même, épuisé, il
n’aura plus d’autre solution, comme tout nihiliste intoxiqué par son propre
poison, que de se ressourcer à la seule « Lumière » qui peut alors
lui apparaître : celle qui de tout temps était « cachée »
derrière celle des socialismes et des utopies en kit, dont il était si
friand.
Il
est même probable que cette affiliation originaire soit un jour clairement
revendiquée par tous ceux qui abandonnerons le vieux porte-avions rouillé du
marxisme pour le Boeing beaucoup plus spectaculaire-tendance de cette religion
qui prône ouvertement la destruction totale de tout ce qu’elle ne peut
comprendre. À ce titre, pour paraphraser Lacan, nous dirons que « Roger
Garaudy fut un précurseur ».
La première
tentation, arrivés ici, serait de disjoindre dialectiquement, faute
impardonnable, les forces en présence entre d’une part l’Occident moderne,
et d’autre part l’Islam résurgent. On voit très vite à quel balbutiement
de la pensée cela peut nous ramener : d’un côté la religion du
yatagan, de l’autre l’Amérique du Coca-Cola. Mc World contre Jihâd, et
toutes ces bonhomies universitaires des Lipovetsky californiens. On a aussi
entendu, avec beaucoup de patience de notre part, de telles fumeuses allégories
sur un plateau français de télévision fort connu, lorsqu’un écrivain du
crû, revenu d’une expédition touristique à Bagdad en compagnie de guides du
Baas, nous fit part de sa vision manichéenne, typiquement islamique en effet,
partageant l’univers entre l’Amérique « Protestante » et l’Islam.
C’est
que précisément, de la même façon que l’Occident n’est pas que
« moderne », l’Amérique n’est-elle pas, loin de là, que
« Protestante », et ce que l’on pourrait soupçonner, à tort, d’être
une faiblesse, pourrait bien s’avérer, lorsque cette Guerre de tous les
Mondes sera sur le point de s’achever, comme la force secrète qui animait
notre civilisation.
L’Islam, lui,
n’est jamais, de tout son dualisme absolument monolithique, et en dépit de
son morcellement originel en sectes diverses, que lui-même.
En
comparaison, l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, dont le
« conservatisme » est depuis un bail mis en accusation, ressemble à
une véritable surprise-partie.
Ce n’est d’ailleurs
pas tant que l’Islam ne changerait pas, et que la religion Catholique, elle,
changerait tout le temps, ou même l’inverse, mais c’est que la Religion
Catholique DEVIENT sans cesse elle-même, par-delà même ses propres Conciles,
et que l’Islam, figé dans son codex, ne change qu’à l’intérieur de ses
propres limites.
C’est
la raison pour laquelle nous devons bien comprendre la nature réelle de la
double inversion réactualisée brusquement dans ce qu’on croyait être une
post-histoire sans fin, ni véritables « événements ».
Le 11 septembre,
à ce titre, doit être compris comme un métaévénenement, car il est à la
fois la structure type et l’origine, tout comme le télos de toute la
conflagration.
Il
est essentiel de saisir que le rapport est en effet asymétrique :
L’Islam est le
premier et le dernier des nihilismes post-chrétiens, il est l’ombre
fondatrice de la modernité occidentale, et il est l’horizon destinal que l’Antéchrist
lui réservait, mais l’en dehors de ses limites est précisément la
Révélation Christique, et en ce sens, il faut comprendre qu’une société
islamisée ne peut plus en effet « progresser » vers quoi que ce
soit d’autre qu’elle même parce qu’elle a atteint dès la première phase
de son développement la stase nihiliste absolue, celle de l’indifférenciation
totale entre politique et religieux, entre biopolitique et spirituel, entre
humain et divin.
À
l’inverse l’Occident n’avait su sécréter jusque-là que des
« fantômes » du nihilisme fondamental, le plus souvent dans la plus
totale inconscience.
Il reste, dans
les civilisation du Contre-Monde Chrétien, encore beaucoup de choses à
détruire, que les nihilismes « endogènes » à l’Occident des
Modernes n’avaient su jusque là que corrompre.
Mais
leur travail de corrosion doit bien être vu comme l’avant-garde du despotisme
islamique, même, et surtout, s’ils en furent les « idiots
utiles », les naïfs de service qui se mêlent de politique sans avoir lu
Machiavel.
L’Islam est l’Universalisme
égalisateur dans toute sa splendeur achevée, un potentat Égyptien
doué aurait pu convertir toute la France dès les premières expéditions
archéologiques du Directoire.
En
ce sens il est « parfait », c’est à dire « mort ». Il
ne peut que boucler sur lui-même, et l’univers avec lui.
Nos sociétés
occidentales « post-modernes », sauf pour celles qui sont d’ores
et déjà en phase de « pré-islamisation », sont donc confrontées
à une limite ontologique que l’Islam ne connaît pas, et ne peut connaître,
et par conséquence franchir :
Afin
de résister au nihilisme du Désert non métaphorique, elle sont obligées de
se confronter aux déserts de leurs nihilismes intérieurs, qui les rongent, et
ouvrent la porte au premier ; et pour s’abstraire des déserts de leurs
nihilismes intérieurs, elles doivent entreprendre de résister au nihilisme du
Désert non métaphorique, c’est-à-dire de le vaincre.
Percé,
Gaspésie – Toronto, Ontario, le 17 octobre 2003.