:// Pour une nouvelle alliance transatlantique
par Valentina Pauli1 et Patrick Vaneck2
septembre 2003, pour Opération Phénix

Phase 2a / Armageddon métanational

Quels sont les contours RÉELS de la Guerre en cours ? Autrement dit : à quoi va ressembler le conflit terminal de l'Humanité historique ?

Quelle est la nature des forces tectoniques ? Où se situent et comment se propagent les lignes de subduction ? Par quels territoires, symboliques ou concrets, les failles sont-elles en train de s'ouvrir ? Comment définir la dynamique précise par laquelle de nouvelles configurations métapolitiques (culturelles, religieuses, scientifiques et géostratégiques) vont surgir de ce chaos à la fois explosif et implosif qui semble caractériser en premier lieu le terrifiant phénomène planétaire tel qu'il se dessine ?

Voilà des questions qui, dès qu'on les pose, nous permettent d'établir pour commencer l'étendue vertigineuse de notre ignorance.

Car en dépit des apparences, cette guerre n'est pas simple. Ou plutôt sa simplicité est cachée, comme toute équation irrésolue, au coeur de la plus terrible des complexités.

Ceux qui continuent de croire, ou de faire semblant, que nous nous trouvons face à une réplique thématique des guerres du Moyen-âge, façon Dragons-et-Donjons dans le RER sub-mésopotamien, sont ou bien des imbéciles, ou alors des menteurs, c'est-à-dire des crevures collabos.

Une guerre métalocale est au XXIe siècle ce que les guerres mécaniques et aéromobiles furent au XXe.

La vieille "ligne de front" héritée de la guerre de tranchées, et en fait des campagnes de Jules César, n'était déjà plus de mise en 1940, comment penser que l'affrontement qui voit le jour à l'époque de la science-fiction réalisée suivra les règles de stratégie venues de l'époque de la couleuvrine, et du hachoir à viande ?

Il va nous falloir établir au plus vite une cartographie physique et dynamique de l'ensemble des forces en présence, des véritables "événements" qu'elles provoquent (et non du "spectacle" qui en est le produit), il sera nécessaire de savoir composer une analyse détaillée de toutes les configurations à l'oeuvre dans ce formidable champ de bataille : la Terre.

Et pour commencer, appliquer tout de suite l'axiome définitif de Carl Schmitt : la politique, c'est définir l'ami et l'ennemi.

 

L'Islam est bien plus qu'une simple "idéologie", ou plus exactement il est l'accomplissement nihiliste de toute idéologie, au-delà même de toute idéologie, au-delà de toute société (même "marchande"), il fait fi de toutes les cultures, toutes les nations, tous les Livres, il fait fi de toute l'histoire, y compris, et surtout devrions-nous dire, de l'Histoire Biblique.

Il est le premier révisionnisme historique, il est donc le fondement de l'Époque et c'est pourquoi il surgit de nouveau au moment où cette Époque se termine, et au moment sans doute, où se sont TOUTES les Époques qui se terminent.

Il est le proto-nazisme de la modernité, c'est pourquoi il donne naissance à l'une comme à l'autre, puisque l'une va à l'autre et réciproquement, et maintenant que le capitalisme post-moderne a repris à son compte - par masochisme autoculpabilisateur les fantasmes idéologiques socialistes, universels et multiculturels, légués par cette époque impérissable qui voit triompher les idéaux mortifères du communisme et la bureaucratie de l'ONU, l'Islam se trouve en mesure de les dissoudre dans sa matrice "gnostique", pour les synthétiser et engendrer ainsi le pire système de domination planétaire que le Monde ait connu jusqu'à présent.

Une domination basée non sur les paradoxes de la Surnature, mais sur l'Anti-Humanité naturaliste-fataliste poussée à son degré maximum d'intensité.

Tous les nihilismes coexistent et se fondent dans l'Islam puisqu'il en est à la fois la source et la destination, l'origine et le télos. En lui, tous les nihilismes construits sur la Mort de Dieu peuvent s'anéantir sans renoncer en fait à leurs gnoses primitives, ils se trouvent simplement encadrés par un codex rigide de comportements rituels, alimentaires et corporels, le Coran, Petit Livre Vert constitué principalement d'un mélange de superstitions immémoriales et du détournement syncrétique de plusieurs hérésies déjà bien connues de l'époque . Tel un "méta-léninisme", dont l'Islam serait à la fois la source occulte, et le dépassement universel, le corpus post-moderne des idéologies de l'occident anti-occidental préparait depuis longtemps les esprits à leur "abandon" - aslama - qui se caractérise de fait par la transformation du Dieu Unique, Yahweh, en un tyran gnostique, à l'image de tous ceux qui allaient se servir de Son Nom pour écraser et anéantir plus de peuples et de civilisations en 14 siècles que toute l'histoire humaine n'en avait effacé depuis le début des temps.

Dans l'Islam - comme plus tard avec la doctrine de Luther le rapport avec Dieu est d'une certaine manière strictement "personnel" mais comme à la différence du Protestantisme, qui ne peut se séparer de sa fondation judéo-chrétienne ce rapport "personnel" est néanmoins totalement "légiféré" par un codex intangible qui ferait passer la réglementation hassidique pour un poème d'Allen Ginsberg, et anéantit toute "personne" dans la "relation", cette "religion" permet ainsi à chacun de simplement "sublimer" sa petite croyance individuelle dans le mantra idéologique du codex coranique, peut donc donner les pouvoirs d'un docteur de la foi à n'importe quel ignorant capable de réciter par coeur les Sourates de Mahomet, qui lui même aura pouvoir de vie et de mort sur tel ou tel individu, groupe humain, humanité au complet s'il le faut (et il le faut bien, dans la logique dualiste du totalitarisme).

Les altermondialisateurs, spécialistes auto-patentés du Proche-Orient, et aboyeurs de service pour les Talibans écologistes à la José Bové, se plaignent depuis longtemps, avec leur pleureuses professionnelles appointées au Monde Diplomatique, de la terrible "mondialisation économique" d'origine capitaliste-fasciste-américaine qui, nous dit-on "aplanit tout sur son passage, tel un bulldozer", sans le moindre respect pour "les cultures et les identités nationales".

Nous savons déjà le rôle qu'ils joueront dans le véritable aplanissement général du dernier des nihilismes : celui d'esclaves convertis et joyeux de l'être. C'est en scandant le nom d'Allah qu'ils éradiqueront des plants transgéniques conçus pour lutter contre la mucoviscidose, la maladie d'Alzheimer, ou le virus du SIDA.

Ces mêmes rengaines ont été reprises, faut-il le souligner, par l'ensemble de ceux qui se taillent des costards de "sauveurs de la France", depuis leurs richissimes villas de Saint-Cloud, avec le sens certain du spectacle, et des discours à peu près aussi vides que les caisses en faillite de l'État français.

Mais la mondialisation économique "unilatérale" de l'Extrême-Occident Américain n'est jamais rien d'autre que la conséquence des terribles suicides successifs que l'Europe s'est infligée au XXe siècle, et qu'elle continue de s'infliger dans celui-ci.

Rien n'empêchait, et depuis des décennies, la France de se doter d'équipements scientifiques à la hauteur des révolutions technologiques qui proviennent du travail de dizaines de millions d'Américains et qui, rien qu'en Californie, permettent à cet État d'être à lui seul la septième puissance économique mondiale. Rien n'obligeait la France de se doter de planificateurs obtus, qui construisirent les futurs foyers "urbains" de la guerre civile et qui, par leur bureaucratie soviétique, découragèrent systématiquement les innovateurs, les chercheurs, les entrepreneurs véritables de ce pays, les forçant ainsi, par conséquence, grâce à chacune de leurs décisions d'apparatchiks imbéciles, et la pesante totalité de leur appareil d'État pharaonique, à quitter ce porte-avions sans hélice, pour aller enrichir la méchante Amérique Impérialiste laquelle, depuis toujours, est une terre d'accueil pour tous ceux qui ne veulent pas vivre comme des retraités de la Fonction Publique à l'âge de 27 ans, à tailler des crayons entre deux "RTT".

Rien ne l'obligeait à dealer à tout-va avec les roitelets du tiers-monde "libéré" comprenez "marxiste", ou "arabe" pour, qu'en bons esclavagistes humanistes, nous attirions vers notre sol des flots de main d'oeuvre sous-qualifiée, sous-payée, sous-cultivée, en échange de grands barrages, de raffineries de pétrole, de fabriques de ciment, de centrales nucléaires, de télévisions-clés-en-main, d'armements chimiques.

Non rien ne nous obligeait à constamment répéter les erreurs du passé, à la hauteur des périls du présent, et des abysses de l'avenir.

Rien ne nous obligeait surtout, à coup de Maastruc et de Machingen, à déconstruire systématiquement l'Europe, que 25 siècles de sacrifices, de guerres, de révolutions et d'innovations avaient essayé d'édifier, rien n'obligeait la France à ne pas permettre que soit entendue la voix - forcément "réactionnaire et rétrograde" - du Vatican, concernant les fondamentaux constitutionnels chrétiens à poser, pour 450 millions d'européens, et leurs maîtres bruxellois.

Rien ne nous obligeait, sauf notre nihilisme, à nous décomposer nous-mêmes.

 

Il n'est pas un haut fonctionnaire, il n'est pas même un sous-fifre de préfecture qui ne connaît l'ampleur réel du désastre social et financier que 20 ans de pouvoir crypto-gauchiste, sauce Ps-Pc, sauce Udf, sauce RpR, sauce "plurielle", sauce "Chirak Oil and Co", auront mis en place, telle une bombe de très forte magnitude, sous les fondations de toute leur République : 1000 milliards d'euros de dette publique, l'État ne peut plus, tout juste, que rembourser les intérêts en maintenant une pression fiscale continue. Le "brain-drain" des plus capables vers l'Amérique du Nord s'amplifie, à hauteur - pure logique d'un vase communiquant - de l'importation massive de populations sans éducation qui se poursuit dans l'autre sens.

Il est évidemment INTERDIT, et en tout cas fort mal vu, d'oser le prétendre, des lois spéciales, dont une prochaine "Loi sur Économie Numérique", se chargent efficacement de punir les auteurs de telles paroles répréhensibles et contraires à toute décence publique. Ainsi, avec cette nouvelle machine législative destinée à réglementer les communications électroniques, l'Assemblée Nationale de la République se prépare une nouvelle fois à battre les gérontes post-maoistes de Pékin sur leur propre terrain. Ce n'est certes pas une première. On pouvait néanmoins espérer une accalmie momentanée, alors que la nation toute entière se trouve au bord du gouffre.

L'État français est en état de quasi- banqueroute, ses systèmes d'urgence entrent en crise les uns après les autres, les signaux passent au rouge les uns après les autres, les unes après les autres les réformes déforment ce qui subsiste de vaguement efficace dans le domaine de l'État ou ce qui reste d'une société civile dévastée, mais l'idéologie dominante de la contestation-marchande continue de pousser dans le même sens : toujours plus d'État, plus d'Impôts, plus de Planification, plus de Réforme Permanente. Moins de Travail, plus de Plage, et surtout : interdiction formelle de toucher aux forteresses des droizakis, comme l'EDF, l'Éducation Nationale, la Poste et quelques autres bastions de notre innovation, ainsi ces artistes-fonctionnaires dénommés "intermittents du spectacle", dont la principale occupation semble de manifester, puisqu'il apparaît que leurs performances artistiques sont le sujet de leurs prises de position déambulatoires, et que leurs prises de position déambulatoires sont le sujet de leur performances artistiques.

Les chiffres sont désormais mal vus, paraît-il, dans les écrits politiques, certains en auraient abusé, nous dit-on. Nous nous contenterons donc de noter celui-ci : les 130,000 intermittents du spectacle génèrent un déficit quasiment équivalent à celui de l'UNEDIC : soit les 15 millions de salariés qui restent.

Il n'y avait, on s'en doute, en ces temps de faste et d'opulence pour la République, aucune nécessité pour une réforme du système.

Mais ce monde est en train de s'effondrer, sans que personne - et surtout pas les caniches de la presse - ne daigne en avertir les premiers intéressés, c'est à dire ce pauvre "peuple" qui paie des taxes pour des Mosquées, et voir mourir 15,000 de ses vieillards dans des hôpitaux dont on ne voudrait pas dans le Bronx. Un bruit sourd gronde, montant des tréfonds de la terre, sous le sable des plages artificielles et le macadam des avenues à rollers, mais tout le monde continue d'écouter de la musique de chambre (en l'occurrence du rap ou l'Oeuvre Complète de Noir Désir) et de se poudrer la perruque (en l'occurrence les narines), comme dans les années 1780, lorsque les VRAIES réformes, qui auraient été fort impopulaires, furent remplacées par des réformettes démagogiques, qui contentèrent à peu près tout le monde en ne satisfaisant personne, sans rien résoudre, bien sûr, des problèmes fondamentaux du Royaume et qui aboutirent ainsi à la catastrophe terminale, si impopulaire qu'elle coûta la tête à des milliers de riches, et cent fois plus de pauvres.

Mais l'époque n'est plus aux révolutions nationales et démocratiques, surtout en Occident, où cette étape est depuis longtemps dépassée.

L'effondrement de l'État-Nation français est donc bien plus qu'un événement isolé, et purement socio-historique. Car la mort de l'État-Nation français c'est la mort de l'État-Nation tout court. Et c'est le prélude annoncé de l'armageddon métanational.

From Northern America, le 19 septembre 2003.

1-2 Valentina Pauli et Patrick Vaneck sont des pseudonymes

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