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La roi du shit
Par
Jean-Louis
Costes, le 20 octobre 2004
C'était en 1970, le temps des hippies. Oui, bon sauf que moi j'étais pas hippy,
mais alors pas du tout! Je risquais pas avec les parents que j'avais!
Non, pour moi c'était pas écharpe
indienne pantalon pattes d'éph et cheveux longs. Pour moi c'était enfermée dans
un collège catho fossilisé de fond de province rance, chemise bleue blazer bleu
avec l'écusson Notre-Dame sur le coeur... et coupe skin-head.
C'est pas que j'étais skinhead, je connaissais même pas le mot. C'est que mon
père etait skin head... Enfin skinhead... Je veux dire facho quoi, au sens facho
des gauchos : un poil de trop sur le caillou et il me cassait la gueule. Fallait
pas que le cheveu touche l'oreille. Compris?! Alors vous m imaginez en 1970 au
lycée au milieu de tous les frimeurs en babas ou palestinien avec sac militaire
tagué rolling stones! J'avais l'air trop con ringard avec mon blaser bleu
écusson Notre-Dame sur le coeur et ma coupe à papa facho.
In-fré-quen-ta-ble in-bai-sa-ble
j'étais!
Toutes les poufs se faisaient sauter mycoses libération sexuelle, et moi je
pouvais me branler. Les femelles libérées se font sauter par les babas
cohn-bendit en solex et pas par des faux fachos à vélo.
Et encore me branler... même me
branler c'était pas permis. C'était le péché, la surdité assurée,
l'homosexualité rampante l'anus ouvert. Dixit Papa. Une tache de sperme sur le
drap et c'était la claque dans la gueule assurée et la honte totale, le drap du
péché exhibé et la femme de ménage qui ricanait "Massieu Jane-Louisss, ca koi ca
tache laaaa?" Ouah la honte! Je courrai m'enfermer dans ma piaule en attendant
l'heure du chatiment. Et le doigt dans l'anus je ruminais haine des babas cool
sauce frustration.
Et
ça montait grave dans ma tête les pulsions de meutre genre je descend toute la
famille avec le fusil de chasse à Bon-Papa et puis je vais au lycée et nique
toute cette bande de babas et salopes avec les grenades de 14-18 trouvées dans
la cave!
Bon j'avais la haine, mais surtout
j'avais l'envie. L'envie de baiser, l'envie dêtre cool branché, baba baiseur de
meufs et pas facho ringard de fond de classe jamais invité aux boums qui connait
rien à la chatte et a jamais tiré sur le shilum.
Tirer sur le shilum! Le shilum, sésame de la chatte!
Alors là, je vous dis tout de
suite, en 1970 si t'as pas tiré sur le shilum garde ta queue dans ton slip
kangourou. Pas une poufiasse écarte si t'as pas un bout de shit dans la poche
collé à la queue raide. Pas une poufiasse se fait sauter sans trois joints et
deux sniffs d'héro.
Alors moi, sans poudre sans shit et sans sandales du Radjastan, je pouvais aller
me faire auto-foutre la main dans le cul et pleurer.
Et voila que dans une poubelle
entre deux revues pornos je trouve le machin Actuel que ça s'appelle. Une revue
diabolique qui fait croire à toute une génération de petits cons que déguisé en
hindou à chier accroupi et à s'essuyer la merde au cul avec les doigts et un
verre d'eau, c'est le top du top de l'ultime de l'humain. Abonnes toi à Actuel
et tu vas atteindre la vérité cosmique, l 'orgasme éternel, te libérer du carcan
chrétien occident, et en plus passer pour le plus branché baisable du lycée avec
ton Actuel sous le bras.
Je
tombe sur Actuel et le lit dans le plus grand secret la nuit après m'être branlé
dans un mouchoir pour pas me faire griller en me branlant dans les draps. "Mais
non Maman, c'est pas du sperme c'est de la morve" (Je vois dis tout de suite
c'est pas le bon plan car Maman c'est une putain de connaisseuse en sperme, et
vous lui ferez pas avaler de la morve pour du bon sperme miam-miam)
Donc je me branle dans mon
mouchoir à carreaux avec mes initiales brodées et je lis dans ma chamchambre
sous ma couecouette en cachette Actuel le magazine maudit des drogués, que si
mon père il me trouve avec çà, il m'envoie à Dachau ce coup là c'est sur!
Donc
entre terreur et plaisir pervers, je lis la propagande hippy maléfique...
Et je lis quoi page 666
psychédélique? Kétama qu'ils appellent çà, un endroit au Maroc où qu'ils
cultivent le hashish que çà s'appelle, le truc que les mecs du lycée mettent
dans la pipe à eau, qui pue et enivre les filles mycosées à mort. Et hop la bite
dans le cul! Ketama, capitale de la drogue, porte du paradis et de la gloire !
Putain j'ai une putain d' idée! Je vais aller à Kétama pendant les vacances
ramener du hash que je vendrai au lycée! Et là c'est sur je deviendrai le roi
des babs et toutes les meufs écarteront en gémissant contre une boulette.
- Bon Jean-Louis, ta valise est
prête?
- Oui Maman
- Tu n'as rien oublié?
- Non Maman
- Bon voyage mon chéri. Smac smac.
J'ai
18 ans mais Maman m'a accompagné à la gare car c'est la première fois que je
prend le train tout seul, et d'ailleurs la première fois que je pars en vacances
sans mes parents. Bon je vais pas trop loin, je vais à Meaux chez ma grand-mère,
60 bornes en train de banlieue. Maman choisis ma place dans le wagon et met ma
petite valise au dessus de ma tête. "Attention mon chéri, te cognes pas". Elle
surveille que la porte se ferme bien sur moi et que le train part bien et me
fait bizou-bizou par la fenêtre.
Ouf! Débarrassé de cette conne!
Mamie qui l'attend sur le quai de la gare à Meaux, normalement ça devrait bien
se passer l'envol du fils ainé vers l'indépendance.
- A 18 ans Jean-Louis, il est
temps que tu apprennes à prendre le train tout seul.
- Oui Maman.
- Sois raisonnable et téléphones quand tu es arrivé chez Mamie.
Smac-smac, bizou-bizou, et me voilà en blaser bleu écusson Notre-Dame sur le
coeur, coupe de facho fraiche et valise en cuir marquée J.D. style Louis XIV.
J.D. pour Jean Dupont car c'est la vieille valise à papy crevé cet hiver. Normal
je suis le fils ainé alors c'est à moi de porter la valise à Bon-Papa pour mon
premier voyage tout seul Paris-Meaux chez Mamie.
Mais en fait d'aller chez Mamie,
j'ai un plan diabolique sussuré par la propagande du magazine des drogués
Actuel. Je vais pas à Meaux moi chez Mamie! Fini la vie de ringard éternel
puceau. A moi les poufiasses de la classe! A la première station je descend et
je fais du stop direction Ketama, j'achète du hashish et je reviens en classe
les poches pleins de shit. "Tiens petite, goûte çà et viens dans les chiottes
que je te suces!"... "Euh non, je veux dire.. le contraire quoi... Viens dans
les chiottes que tu me suces! C'est comme çà qu'on dit non?"
Bon
enfin j'en suis pas encore là, star du lycée, roi du shit. Faut déjà que
j'arrive à Ketama... C'est où Kétama?
J'ai regardé dans l'Atlas à la
bibliothèque du lycée. Bizarrement, à la bibliothèque du lycée, temple du savoir
citoyen droit honnête éclairé, ils indiquent où se trouve Kétama, capitale du
vice, antre du Diable d'où sort la drogue qui détruira en cinquante ans
l'Occident Chrétien par anéantissement mental de sa jeunesse (Hashish, héroine,
LSD, extasy, kétamine, clodo...). Ce chemin de croix, je l'ai trouvé à la
bibliothèqye dyu lycée. Mais peut-être que la bibliothécaire était une traitre?
Une juive rescapée des camps de concetration qui voulait se venger de ces
enculés de chrétiens en envoyant leurs enfants à Kétama où ils expieront, dans
la fournaise du shilum et les tourments de l'hallucination, les crimes de leurs
pères...
En
tout cas c'est bon, j'ai l'adresse. Kétama Maroc, plein sud c'est facile.
L'Espagne, le bateau, Tanger, le bus, Tétouan, Che-Chaouen et youpie Kétama me
voilà! J'ai tout noté sur un papier dans le cul pour échapper aux douaniers. (Le
coup de me mettre la carte dans le cul, j'ai eu l'idée sur les livres qu'on
lisait au collège des curés sur la vie des saints et martyres. Yen avait un qui
pour échapper aux méchants nazis se mettait le doigt dans le cul).
Bon, je vous passe les détails,
l'enculade par le chauffeur de poids lourd berbère sur le parking de l'autoroute
à Poitiers et ses collègues qui se branlaient en se marrant, et mon blazer
Notre-Dame taché au sperme d'arabe. J'étais parti pour me dépuceler la bite et
je me suis fait d'abord dépuceler le cul! Mais bon, c'est pas la question, on
est là pour parler de l'enfer de la drogue et pas de l'enfer du cul.
L'enfer de la drogue! A peine débarqué j'ai su ce que c'était. Mille arabes fous
me sautent dessus. Et pas des polis ramasseurs de poubelles du Collège
Notre-Dame! Des fous furieux qui se jettent sur moi dès ma sortie du bateau en
hurlant "hashish! hashish!", en me menacant de mort, que comme
quoi que si je
les suis pas ils vont m'égorger parce que, que si je les suis pas c'est que je
suis raciste. Et si je leur donne pas gentiment tout mon fric + mon blazer
Notre-Dame + ma valise Papy contre un bout de pneu en forme de hash contre ma
valise, mon blazer notre dame et tout mon fric, je suis un sale raciste et couic
le couteau!
Des policiers à moustache et
matraque dispersent en tapant dans le tas les racailles de là-bas 1970 ancêtres
des racailles d'ici 2004, et je ouf m'écrase dans le bus qui pue pour Kétama.
C'est pas vraiment les mille et une nuits mais c'est bizarre. Tanger la casbah
les bidonvilles la zone et puis les montagnes pelées avec les moutons pelés, et
soudain les indiens! Les indiens, je veux dire les vieilles berbères glorieuses
couvertes d'or et de tatouages sous leurs chapeaux mexicains. C'est n'importe
quoi! Je croyais être au pays des fatmas voilées cachées timides curieuses qui
m'espionneraient la bite d'un oeil entre deux draps, et je suis au pays des
vieilles indiennes qui ricanent, fument du kif et crachent en me palpant sans
vergogne les couilles avec des grosses vannes de cul pires que les bretonnes!
(Moi je sais pas de quel Islam ils parlent les islamistes de Saint-Denis et de
quel virginité ancienne rêvent les beurettes voilées de mon quartier... Leurs
grand-mères très musulmanes allaient seins nus pendouillant à la station de bus
de Kétama vendre du shit et leur cul. Kétama, tout le monde descend!
Et me voilà nuit tombante dans
l'antre du Diable Drogue au milieu des diablesses berbères qui me triturent la
queue sous l'oeil silencieux des burnous noirs.
Bon
je fais quoi là? Je vais où? C'est où le hashish qui me fera roi du shit au
lycée?
Vous imaginez Costes 18 ans jamais
sorti seul de chez Maman, parti en vacances chez Bonne-Maman, et qui se
retrouve, intoxiqué à l'Actuel, en blazer écusson Notre-Dame sur le coeur et
coupe de facho, la nuit au coeur du Rif?!
Le
Rif, la neige éternelle, les forêts de sapins noirs à la Hitler, les burnous qui
montent la garde, les vielles salopes qui crachent en puant du cul, et trois
racailles de Tanger qui me harcèlent. "Ti veux du hash? Suis moi. Moi j'ai la
ferme la-bas. Di double zéro, le meilleur, li bon prix" .... "Quoi tu veux pas
venir avec moi, toi raciste t'aimes pas les arabes, moi égorger toi!" Et une
racaille tire mon blaser Notre-Dame priez pour moi, et une racaille tire ma
valise Bon-Papa priez pour lui, et une racaille tire ma tête dans la terreur.
Merde, je me suis foutu dans la merde!
Les burnous noirs observent et se
taisent. Et au moment où je vais sombrer dans l'abime criminel des racailles de
Tanger 1970, le plus grand des burnous fait un geste et les racailles s'envolent
comme des pigeons sous les coups de dromadaires.
Le
grand burnou me fait signe de la main, seule partie émergeante avec ses yeux et
je marche vers lui. Sa main, ses yeux, je suis hypnotisé et confiant. Je sais
que c'est l'homme qui m'attendait, l'homme qui a marché deux heures dans la
neige et la forêt pour venir me chercher sur la route à la station de bus et
m'emmener au pays magique du hashish pour me couronner roi du lycée. Maman et
Bonne-Maman ne vous en faites pas, je ne suis jamais arrivé à Meaux chez Mamie,
mais je suis dans bonne main et bon oeil berbère. Non je n'ai pas été violé
séquestré torturé assassiné enterré dans la cave par le pédophile! "J'ai 18 ans
Maman merde! Maintenant je suis grand!"
Je suis le grand burnou noir la
nuit, sa torche électrique entre les grands arbres qui s'écartent vers la
montagne sacrée du shit... (Je sais çà fais grave Castaneda, mais c'est çà
l'effet que çà fait sur un petit con francais de marcher la nuit dans une forêt
sans éclairage public. Trois étoiles et il se croit au ciel.).
On
arrive dans une ferme perdue au milieu des champs de hashish au pied de la
montagne de hashish... Femmes et filles en or et chapeaux mexicains me dévorent
du coin des murs. La main et les yeux du burnou les chassent.
Je suis assis par terre face à un
feu devant du pain et des oeufs. Le grand burnou noir et le très vieux burnou ne
parlent pas. Sauf quelques mots mystérieux entre eux. Ils me montrent le pain et
je comprend manger. Ils me tendent le shilum et je crains fumer.
Merde maintenant va falloir que j'assure! J'ai jamais fumé de shit moi, çà me
flipper! Dans Actuel ils disent les hallus les mauvais trips le LSD... Dans ma
tête tout se mélange. Au secours Maman Bonne-Maman! Je voudrais être à Meaux
bien au chaud dans les bras de Mamie et pas là assis par terre dans la montagne
berbère face au shilum.
Trop tard pour reculer. Je tire
une taf. Touf touf, je tousse et je crache. J'ai jamais fumé moi! Même pas une
clope. Chez moi c'est interdit les clopes. "Si tu fumes Jean-Louis je te claques
ta gueule" Alors imaginez le shit!
Je
tire une fausse taf. Touf touf je crache et j'attend le flash... Et le flash
viens pas... Bon, si c'est que çà c'est cool je peux tirer tranquille. Et je
retire une taf plus grosse et encore plus grosse...
Toujours rien et je bouffe les
oeufs en trempant le pain. Mmm, miam-miam c'est bon les oeufs au hashish... Et
soudain bleurk, je dégeule les oeufs brouillés dans les oeufs au plat! Grand
burnou et vieux burnou ne disent rien. Une main sort du burnou, un oeil tourne
et une merveilleuse enfant toute brodée dorée viens enlever le pain et les oeufs
dégueulés. Putain elle est jolie la petite salope! Et comment qu'elle m'a
regardé! Elle a vraiment envie de se le faire le dealer!
Ouais c'est moi le dealer. Parce que pour grand burnou, vieux burnou et toute sa
famille de fatmas, je suis un dealer parmi les dealers. Je suis venu pour
acheter du shit pas cher au Maroc et le revendre très cher en France.
Mais non les mecs c'est pas çà!
Vous avez rien compris! C'est à cause des mecs au lycée. On est en 1970 en
France (et en 2004 c'est pareil). La terreur du shit règne, et si t'as pas de
shit, tu baises pas. Et moi j'ai 18 ans et trop envie de baiser. Alors je suis
venu chez vous acheter un bout de shit pour le mettre dans ma poche et frimer
avec à la rentrée au lycée, et enfin pouvoir me faire un max de salopes.
Ah
bon vous vendez pas un bout? Seulement au kilog? Ah bon tant pis, alors je
prends un kilog... Ca fait combien? Trois mille francs? Ca tombe bien que Mamie
m'avait envoyé trois mille francs pour mon anniversaire. Voilà trois mille. Il
est où le shit? Ah c'est çà ces grosse plaques! Carrément quatre grosses
plaques?! Ah ben çà fait gros! Bon ben je vais les mettre dans ma valise J.D.
Comme Jean Dupont mon Bon-Papa. Non, pas dans la valise?... Ah bon pourquoi? A
cause de la douane... La police marocaine en sortant de Kétama et la douane
espagnole et les chiens... Eh ben c'est flippant ce que vous dites là les
burnous en langage de sourds-muets... Surtout avec votre shit qui multiplie la
parano par... Bon ok d'accord... Ben... j'ai une idée! Je vais mettre le shit
dans mon slip... Je sais dans le cul çà serait mieux comme le héros martyre de
la résistance avec son plan de la cachette des armes dans son cul. Mais là
franchement, quatre plaques de 250 dans le cul çà fait gros pour un dealer
débutant. Bon je fais quoi alors? Une demi-plaque dans chaque chaussette, une
plaque dans le slip et deux plaques scotchées dans le dos. Ok, voilà... Comme çà
vous croyez que çà ira? ... Ouais c'est vrai vous parlez pas français. Et en
plus, holala, je suis complètement défoncé!
Waouuu, putain je comprend plus
rien! Les burnous partent en film d'horreur et je suis total flippé. Je tremble
de pzrtout, le shit dans les pompes, le slip, les poumons, la tête. Je me sens
kamikaze au poste frontière Gaza-Israel. J'ai toute cette merde sur moi et je me
suis foutu grave dans la merde. Au secours Maman! Pardon Papa! Ya pas moyen de
faire machine arrière? (T'imagines le mec juste avant la frontière Gaza-Israël
qui fait "euh... finalement...").
Mais
non, trop tard trop tard trop tard! Inch'Allah!
J'esquisse un signe "bon attendez,
rendez moi mon fric, je vous rend mon shit" ou même "gardez le fric et reprenez
le shit". C'est ce que je veux dire, c'est ce que je veux faire, mais ma langue
et mon bras sont paralysés et les seuls choses qui bougent c'est tout sauf moi.
Les burnous bougent grave, la baraque bouge grave, la terre bouge grave, le ciel
bouge grave.
Putain je perd grave les pédales! C'est pas du shit, c'est la psychose totale!
C'est çà le truc que les babas font fumer aux poufiasses de la classe pour les
sauter?! Mais comment qui trouvent le chemin de la moule dans cet état? Je suis
tellement défoncé que je sais même pas si je bande ou pas, si ma queue baise
l'anus ou le drap, si j'ai déjà juté ou quoi? C'est comme si tout était froid
chaud mouillé mou!
Bon là je délire je sais, je suis
pas dans les chiottes du lycée à essayer de me dépuceler avec deux grammes cinq
de double-zéro dans la gueule. Je suis sur un sentier dans un forêt du Maroc en
train de trébucher derrière un burnou et de m'accrocher désespérement à une
tache de lampe de poche. Franchement c'est pas facile d'être dealer
international défoncé sur un sentier défoncé derrière une torche aux piles usées
avec une demi-plaque dans chaque pompe qui tordent les pieds, une plaque dans le
slip qui écrase les couilles, et deux plaques dans le dos qui arrêtent pas de se
décrocher le scotch tellement que je sue de terreur plus on approche de la
frontière Israël-Gaza.
Soudain la route! Ouf! Retour à la civilisation! Une bande de bitume clean çà
fait du bien après deux heures de cailloux et de racines traitresses. Je me
retourne pour dire merci au revoir, mais le burnou est déjà parti et je vois sa
lampe flageoler au loin entre les sapins.
Merde, c'est où la France? Il m'a
largué sur la route complètement raide avec un kilog de shit. Et maintenant faut
que je rentre chez moi. La route est longue qui mène de la montange de Kétama à
roi du shit au lycée Montaigne. Je vais à gauche ou à droite?
Je
suis là à me prendre la tête, paumé défoncé au milieu de la route. A gauche ou à
droite sous la lune noire? Et soudain je vois des phares. Merde les flics! Faut
que je me planque! J'ai pas envie de me faire enculer dix ans dans les cachots
de Hassan Deux comme dans Paris-Match! Je saute sur le coté de la route me
cacher derrière un buisson comme dans Tintin.
Waaaaaa Blam boum! Tout s'écroule!
La montagne se casse la gueule ou quoi?!
Merde! Je me suis trompé de côté!
C'est une route qui sillonne à
deux mille mêtres d'altitude entre ravin et montagne. Et moi, connard de dealer
débutant défoncé, je saute du mauvais coté! Au lieu de sauter du coté montagne
de la route, je saute du coté ravin!
Et
je dégringole 100 mêtres à pic dans les cailloux épineux. Et c'est sans doute
l'écusson Notre-Dame sur mon coeur qui m'a sauvé la vie...
Adieu shit et chattes!
Jean-Louis a plongé dans le précipice avec valise à Papy, blaser Notre-Dame et
kilog de shit.
(à suivre...)
>>
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La loi de l'oeuf...
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