:// A chacun sa merde !
par Charley Supper, le 9 octobre 2004

L'expérience surréaliste, dadaïste, l'écriture automatique, la théorie du Chaos, et les trente dernières années pseudos révolutionnaires ont montré les limites de toute tentative d'accéder à la Création par le biais des produits hallucinogènes ou psychotropes de toutes sortes.

La tentative prometteuse se devait d'être réalisée. Elle a été un échec retentissant dont la seule raison d'être fut d'éviter aux époques qui devaient suivre de perdre le temps de s'y essayer à nouveau (sic !). Cela est dit pour clore cet aspect des choses que nous n'aborderons pas, le considérant comme réglé.

Ensuite, pourquoi, pour envisager le problème du cannabis, ne pas le convoquer en parlant d'autre chose pour éviter de tomber dans la jouissance binaire du : "cannabis : oui ou non", métonymie de homme et femme (origine du racisme et de la xénophobie). Discours binaire si cher aux pseudos journalistes de télévision assurés ainsi de provoquer la haine, la xénophobie et le délit d'opinion si rentable pour leurs basses œuvres dont ils ne saisissent même pas l'enjeu.

Essayons donc de régler son compte au cannabis en parlant d'autre chose !

À chacun d'y retrouver ses petits !

Ainsi, il y a une confusion (comme toujours quand il en va du discours social escroc et avorté) entre le symbolique et l'imaginaire.

On le voit bien dans le cas du tatouage !

Le tatouage Maori est un tatouage rituel symbolique qui permet au postulant de rencontrer les conditions idéales au franchissement du seuil de la mort symbolique car ce rituel s'accomplit à l'aune de la présence des autres de la tribu y compris les morts.

La parodie parisienne qui consiste à se faire tatouer des symboles fait rire car c'est une tentative onaniste et imaginaire donc sans risque aucun à encourir, sans avoir à affronter les déboires de l'angoisse terrifiante mais structurante qui saisit chacun au moment de franchir le seuil.
Ça ressemble à ces pseudos aventuriers pseudos voyageurs qui empoisonnent les ondes du récit inepte de leurs méfaits et s'étonnent et pleurent lorsqu'ils se cassent une jambe. Le risque n'était pas prévu !

Toujours mon même leitmotiv, le symbole est imaginaire et le symbolique une fonction opérante.
Qu'on aime ou non le peintre Gustave Moreau avec ses "Lilith" au glaive flamboyant, la production de symboles n'assure en rien du franchissement symbolique. Dire, peindre ou écrire "cui-cui" n'a jamais fait voler quelqu'un !

Par contre, la production de tentatives imaginaires (et donc sans risque) de franchir la mort symbolique (voir toutes les sectes d'aujourd'hui) s'accompagne toujours d'un phénomène d'addiction qui s'ensuit.

La notion de vide absolu (comme on dirait absolution) est symbolique ; on ne peut donc l'invoquer à loisir sans y impliquer le plus intime de son être.

L'évocation du vide imaginaire toujours fait peur car si l'être y est convoqué, c'est sous l'aspect de son absence et de sa mort.

Nous sommes là à la racine du principe de la xénophobie et du racisme : l'opposition homme / femme.

Le conscient perçoit nettement la différence entre homme et femme (binaire) mais le principe de non-contradiction qui régit l'inconscient fait de "homme" et "femme" un concept sans différence. La prise en compte des deux assurera un nouveau binaire trinitarisé avec comme éléments :

            - homme
            - femme
            - homme/femme.

On a bien trois éléments !

L'accès à la Différence viendra donc seulement du fait de prendre en compte la non-différence.

C'est en quoi les tenants du métissage et de la world music (ou de la planète globale) sont des escrocs et ne manifestent par là qu'une haine profonde de la Différence dont pourtant ils nous rebattent les oreilles.

Donc :

            - Symbolique : vide absolu structurant et rassurant.
            - Imaginaire : manque déstructurant et affolant suivi d'addiction.

Nous sommes là en présence d'un autre phénomène connu, celui de l'addiction.

Ce n'est pas très éloigné de la paranoïa dont le schéma est :

            - Si cela manque c'est que quelque chose ou quelqu'un se cache.
            - S'il se cache c'est qu'il me veut du mal.
            - S'il me veut du mal, je dois le supprimer avant qu'il ne me supprime.

Mathématisons notre savoir (savoir-faire) afin de rester volontairement obscur, laissant ainsi à chacun le loisir de parvenir par lui-même à la connaissance intrinsèque afin de pouvoir l'utiliser autrement qu'en ressassant un savoir (pseudo universitaire) appris par cœur et qui donc ne peut servir à rien d'autre qu'à épater ceux qui ne sont pas au parfum.

Symbolisons notre problématique à l'aide de la théorie mathématique du continu et du discontinu.

Imaginarisons le discontinu :

Nous ne pouvons le faire qu'en nous référant même implicitement et préalablement au continu, signe de l'unité parfaite.

Le continu :               ------------------------------------
Le discontinu :        ------------  manque  ------------

Le discontinu est le symbole imaginaire de l'imperfection, du manque d'intégrité (du corps donc, support de l'inscription l'imaginaire).

Quelque chose semble manquer à sa place !

Pourquoi le discontinu est un symbole imaginaire ?

C'est une pure fiction ou même une hallucination qui nous fait y voir un manque, car en fait rien n'y manque sinon on serait en présence d'un continu incomplet.

Or ici il ne s'agit pas du continu complet ou non, mais du discontinu auquel par définition rien ne manque. Il ne semble y manquer quelque chose que parce que sans nous en rendre compte nous nous référons implicitement à l'emblème viril de l'unité, le continu.

A l'étage imaginaire, si j'essaye de combler le manque, par exemple grâce à un petit joint (comme par hasard !), que va-t-il se passer d'en rester au stade de l'imaginaire non symbolisé ?

Dessinons-le !

            (Soit X = un petit joint) :

                        ------ 1 X 2 ------

Le vide ou manque imaginaire va se trouver dupliqué !

Fumons un autre joint à toute vitesse pour combler mieux le manque ;
hop il se multiplie d'autant !

                        ------ 1 X 2 X 3 ------

Si le désir irrépressible de faire disparaître ce qui met mon "être" en danger de perdre son intégrité persiste, je vais être obligé de fumer de plus en plus de joints et j'augmenterais d'autant en le dupliquant à l'infini, le manque dont je tentais de me débarrasser.

Le vide exponentiel imaginaire : plus je le comble, plus il prolifère !

Il vient d'une confusion entre les intervalles et les bornes (chaque intervalle correspondant à deux bornes).

Métonymies du vide imaginaire :

- le manque (toxicomanie, alcoolisme, tabagisme, sexe...)
- le trou (se faire des trous, boire comme un trou, aller au trou, l'affaire Dutroux…)
- l'absence (non symbolisée donc vécue comme mortifère : il/elle m'a quitté(e).
- zéro (en français ou en maths..)
- nul
- feu (feu mon oncle..)

En élargissant un peu :

- le pervers (continu à condition que discontinu)
- L'hystérique (homme ou femme ou homme ou.., ou…, OU..)
- L'obsessionnel (ni continu ni discontinu..)
- Le parano (où se cache la part manquante du discontinu = danger !)
- le transsexualisme (continu ou discontinu ou le deux ou aucun ce qui revient au même ?).
- L'homosexualité (continu mais pas question de discontinu)
- le concept de nuit blanche (Le "circulez, y a rien à voir !" qui s'y produit est un appel au meurtre pour les paranos et un culte voué au Saint Manque (qui se traduit par une addiction de consommation vaine chez les névrosés !)

La seule chose qui puisse faire usage de joint symbolique (et non imaginaire) afin de rendre cohérent et supportable (ou support de mon être) ce vide qui sous son aspect imaginaire me déstructure, c'est de faire en sorte que je sois tatoué symboliquement dans le corps de mon "être" et non plus dans l'être de mon corps.

C'est une écriture qui faisant usage de la Lettre avec un grand "L", celle qui fait un détours par l'Autre, lequel n'est ni féminin ni masculin, mais et féminin et masculin (ou encore et continu et discontinu).

Lettre qui n'est pas visualisable, pas du domaine de la représentation. Lettre qui appartient à cette écriture même qui sert à écrire le Nom de Dieu : écriture à l'encre sympathique sur un support d'absence !

Comme le dit St Augustin dans ses "Confessions" en parlant du seuil de la mort symbolique, il s'agit de passer de l'oubli de la mémoire (manque) à la mémoire de l'oubli (le manque y manque, il n'y a plus de manque).

La seule chose que le non-tatoué symboliquement pourra faire sera de trouver en renonçant à toute marque sur le corps, le chemin qui lui fera unir le particulier de l'être de son corps à l'universel du corps de son être.

Pour pouvoir y parvenir il est nécessaire que le discours social laisse à chacun la liberté de se confronter au risque qu'implique le fait de vivre.

Pas d'assurance sur la vie sinon au risque d'être déjà mort, zombifié ou chosifié.

Un humain naît comme virtuellement un homme, mais il n'est un homme en plein qu'une fois enregistrée symboliquement sa sexuation laquelle lui assure une destinée mortelle. Avant ça il est un mort vivant !

Pour pouvoir mourir il faut être vivant !

Laissons les tenants de l'aventure sans risque pleurer pathétiquement sur l'avortement de leur vie, mais cessons cependant de leur filer tout ce fric qui fait tant défaut à ceux qui ont quelque chose à dire et à vivre !

Le chemin de la vie est du côté du risque donc de la responsabilité ! Laissons à chacun le soin de s'y affronter afin, en répondant de ses actes, de trouver la voie qui permet de conjoindre l'universel au particulier : discours trinitaire.

Le cannabis est pour cela un erzatz onaniste et inopérant qui permet juste de faire l'économie de l'Autre sans lequel je ne peux exister!

- Yooooooh, man !

De là à prôner son usage, sauf certains cas médicaux, c'est encore comme dans le cas de l'avortement prendre l'exception pour la règle !

À chacun sa merde !

 >> Chronique précédente:  L'affaire « du Trou »...


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