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Noir et
Blanc
par
Charley Supper, le 26 février 2004
Le
racisme, la censure et le défaut de sexuation : une parabole
!
Le racisme n'a pas pour
origine la différence entre le noir et le blanc,
il s'élabore de la différence fondamentale entre homme et
femme.
On
a, pour vérifier cette différence, le choix entre deux
solutions :
d'une
part le discours binaire,
d'autre
part le discours trinitaire. Le
discours binaire :
Sa spécificité est de ne pouvoir sortir du registre de
l'imaginaire non symbolisé.
Utilisons
pour l'imager les notions mathématiques de continu et
discontinu.
>
Je
définis un champ mathématique, et j'y installe le continu
(en rouge).
 |
Ce
qui le caractérise, c'est qu'à ce trait, rien ne
manque. Il
est infini dans le cadre de son champ mathématique.
Mais surtout nous le répétons, rien ne manque. Nous aurions
au lieu de "continu" tout autant pu l'appeler
"Homme".
1-
Homme > à quoi rien ne manque !
|
Un
temps primaire.
Que rien n'y manque en fait un monde tranquille et rassurant.
>
Opérons
de même pour le discontinu, créons un champ secondaire et
installons-y le discontinu
(en rouge toujours).
Ce
qui le caractérise, c'est l'apparition
du manque. Ce trait
semble incomplet. Nous aurions tout aussi bien pu le nommer
"Femme".
2-
Femme > à quoi quelque chose semble manquer !
Pourtant
c'est faux puisque c'est un trait discontinu donc par rapport
à sa définition, rien ne lui manque. Mais imaginairement on
a, en comparant les schémas 1 et 2, l'impression que quelque
chose manque en 2.
|
Temps secondaire.
Que quelque chose semble manquer en fait un monde angoissant.
Le
plus affreux, c'est que l'angoisse du manque va
rétroactivement contaminer le temps primaire où tout était
béatitude. Le manque va y apparaître comme manquant. Le
manque y manque !
À partir de quoi plus aucun espace de tranquillité !
Le manque est partout !
C'est ça l'imaginaire !
C'est ça le discours binaire ! On a bien deux éléments (continu–discontinu
ou Homme–Femme).
Comment
dès lors échapper à cet enfer binaire du manque ?
Le
Discours de la Trinité
Sa spécificité est de faire apparaître un champ troisième
(de la famille des ensembles vides).
Créons un champ troisième.
>
Pour
remédier au problème du manque, inscrivons-y une ligne
continue faite de la matière de ce qui manque au trait
discontinu du schéma 2.
 |
Installons une ligne continue de manque !
Est-ce
Homme est-ce Femme ?
3- l'Esprit Saint
> ou encore
l'Autre !
C'est
et Homme et Femme.
|
C'est constitué de leur matière à tous deux. En tout cas,
la seule chose qu'on puisse affirmer de ce trait continu
fabriqué à partir de la substance de ce qui manque à
"Femme" pour faire "Homme", eh bien dans
ce champ troisième, seul le manque ne manque pas
! Ni manque, ni manque de manque !
Le
voyez- vous ce magnifique trait constitué de la substance
même du manque ?
Certains
n'y ont pas accès qui se confinent dans un discours binaire.
Ils veulent voir à tout prix et sa-voir tout. Ils ne
supportent pas ce qui ne se voit pas comme le nom de Dieu ou
son Être même. Alors ils inventent sans cesse des sortes
d'écrans où se visualise de façon imaginaire, ce qui ne
peut être perçu par eux de façon symbolique.
Au lieu de
symboliser l'imaginaire, ils imaginarisent le symbolique.
Ca
fait des sociétés qui vivent sous le joug du mortifère, de
la censure et de la propagnade. Tout ce qui évoque ou invoque
la place vide symbolique les terrorise.
Ou
Homme ou Femme ou homme
ou Femme ou Homme ou Femme
ou…… ou…… etc.
Ils
vivent dans le "ou" !
Et
quand ils téléphonent, immanquablement ils répètent tous
en parlant d'eux même depuis la voix qui les sonne :
"T'es où
là ?".
Ni
homme ni femme!
Il
s'agit ici d'un "ou" inclusif qui revendique
l'efficacité d'un "ou" exclusif.
Ceux
qui restent confinés au binaire n'ont plus alors que le
discours de la haine et du racisme. C'est-à-dire celui de la
Censure et de la propagande.
Pourquoi la censure ?
Parce que c'est là que le discours binaire fait apparaître
les notions de noir et
blanc, en essayant de singer sur un
mode imaginaire les trois personnes de la Trinité.
1-
Le blanc, pour effacer,
2- Le noir, pour
caviarder,
3-
Le vide, le nettoyage par le vide.
Ça a un petit relent
ethnique, non ?
Ni noir ni blanc, pour empêcher l'Autre d'afficher sa
différence
en publiant quoi que ce soit qui ne soit pas de
mèche avec
le censeur, donc le discours binaire.
C'est-à-dire le discours de la Science !
Et
ils vous parleront de métissage, pour camoufler
Leur vieille peur de la différence !
Charley
Supper
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