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L'Allah y
cité.
par
Charley Supper, le 10 janvier 2004
"Il n'y a plus entre moi et Dieu
d'explication…
Il n'y a plus rien d'apparent...
qu'une perte irrécusable". [Al-Haladj]
Tout
porte à croire que les Français n'y comprennent rien ! Les
vrais enjeux leurs en sont voilés par le discours binaire,
celui de la haine !
le voile
pas
le voile (cochez la case)
C'est aujourd'hui libre cours
à la haine raciste, et bien pire encore, la haine raciste voilée.
Surtout de la part de ceux là même qui se revendiquent de
l'amour universel.
La France se
talibanise en inversé. Les talibans ordonnent, la France veut
interdire, même combat !
A
moins d'être
illettré (c'est vrai que le discours binaire à la mode fait
qu'il y en a de plus en plus) la lecture, autant de saint Jean
de la Croix que du soufisme ou même des Grecs comme Platon,
montre qu'il ne s'agit pas de réaliser le voile. Il s'agit
d'accepter que ce qui enregistre symboliquement un homme
(50 % des hommes sont des femmes) dans sa sexuation,
n'est pas du domaine de la représentation, n'en déplaise aux
compulsifs contrôleurs des impuissances en tout genre.
Le
problème, il est vrai, a déjà existé dans les débuts du
protestantisme quand l'Europe avait décidé de voiler ses
femmes.(2)
On a vu à quelles sauvageries barbares cela a mené. Bon…!
Mais décider de l'obligation du voile ou de son interdiction
revient au même. C'est ne pas tenir compte que chacun est
responsible (responsable en anglais) de ses actes. Comme le
dit une pétition contre l'amendement Accoyer, "laissez
nous nos charlatans !". Laissez nous le choix ou la
possibilité d'adhérer ou non. C'est cela qui fait un homme :
le choix de la responsabilité.
Instaurer
l'interdiction du voile à l'école, au nom de l'Allah y
cité, revient à faire de ces postulantes au port du voile,
des martyrs de la religion. "Religio ", mot
dont le sens initial est de définir ce qui fait lien social !
Pas de
progrès à attendre de la part de l'homme ! On sait,
aujourd'hui, qu'à moins d'être très vigilant du côté du
discours auquel on attache ses actes, l'expérience ne
sert à rien.
Bien
que l'on ne veuille pas voir que le signifiant
de "Dieu" est ici en jeu, comme un blasphème par
omission, il est évident que le Nom de Dieu doit être
voilé parce que Dieu est le signifiant de "la
Femme". Voiler les femmes, n'est-ce pas faire
apparaître Dieu et remplacer ainsi la métaphore par une
métonymie. N'est-ce pas se voiler la face. Ça ressemble fort
à la politique de l'autruche et Dieu seul sait ce qui peut
advenir quand on a la tête dans le sable…
Il ne faut
cependant pas oublier que les textes sacrés sont construits
pour différents niveaux de compréhension, de façon à
laisser à chacun le loisir de les aborder de là où il en
est de son chemin de vie.
A l'aube
du troisième millénaire, on pouvait croire qu'enfin
l'humanité allait abandonner tout recours au binaire pour
adopter un discours trinaire. Hélas...!
Voile, pas
voile, ça sent son Inquisition. Rien ne pouvait laisser
croire que l'esprit des croisades allait recommencer, mais sur
le territoire même de la république.
Les papes des premières
croisades s'étaient simplement débarrassés des jeunes
seigneurs trop tempétueux pour qu'ils aillent foutre la merde
ailleurs.
Pas dans le
royaume !
N'oublions pas pourtant que les textes sacrés des religions ont
tous un alinéa laissant penser que toujours, le monde est
sauvé par un petit nombre ? C'est peut-être le nombre de
ceux qui n'ont pas le prix Nobel, mais qui tranquillement,
sans être dans l'ombre ni dans la lumière, travaillent
d'arrache-pied à sauver les espoirs et l'avenir du monde.
Ce futur de
l'expression : "Le monde sera sauvé par un
petit nombre", est un faux futur réactualisé sans
cesse.
Mise au ban, donc pour les
tenants du voile, nous l'avons dit, la France se talibanise !
Le Voile est la métaphore du
doute sans lequel il n'y a pas de foi !
Sa fonction est hélas de
devoir n'apparaître pas non plus. "Lumière sur
Lumière"(3), c'est-à-dire double aveuglement et par là
double voile.
Là est le hic de
l'Allah !
Le problème
du voile est ailleurs
Quand les vautours de
l'actualité se régalent du malheur d'autrui. Une guerre
sale, un crash d'avion, un tremblement de terre et allons-y de
cette dévoration répètée à l'envie et en boucle pour que
la France puisse saliver en mangeant. En pensant avoir été
épargné, chacun peut ainsi ne pas penser à ce qui lui est
ainsi voilé. On ose encore nous parler de démocratie,
quand le seul voile qui fait vraiment question est celui jeté
sur l'horreur de ce qui se passe pour les sdf, pour les
chômeurs en fin de droit et pour les victimes des
restructurations qui mettent des milliers de familles sur la
paille.
Comment s'étonner encore de
la montée de la violence des jeunes et des autres. Tout cela
est répugnant!
Charley Supper
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1
Voir de Platon : "Le Banquet"- (Discours de
Diotime), 211a- Éd : le Livre de Poche.
2 Voir "L'œuvre au
Noir" de Marguerite Yourcenar.
3 Voir de Muhammad Al-Ghazâlî :
Le Tabernacle des Lumières” (Seuil). (Pour la notion de
Lumière (Nur), "Lumière sur Lumière".)
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Chronique
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concept de "gauche"...
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