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"Se donner un
genre"
par
Charley Supper, 2002
Nous n'avons pas choisi d'être travaillés par
le signifiant "se donner un genre".
Il nous en intéresse donc
d'autant plus que c'est autour de cette formulation que nous a mené le petit
chemin d’une réflexion sur l'illettrisme.
"Se donner un genre": cette
formule dont nous faisons un signifiant possède bien ses deux versants, l'un
imaginaire, l'autre symbolique.
Tenant compte de ce que l'abord
symbolique est évidemment aussi du registre de l'imaginaire, mais d'un
imaginaire symbolisé qui fait toute la différence.
Ne dit-on pas de celui où celle qui tente de
se rendre intéressant : il veut se donner un genre !
C'est le versant imaginaire qui
rend compte d'une tentative de se donner un genre que bien sûr on n'a pas.
Le versant symbolique, lequel nous est transmis
également par le biais de l'imaginaire, mais d'un imaginaire symbolisé, fait
de nous des êtres sexués.
Sexués dans l'inconscient ou
dans les tréfonds de notre for intérieur !
Être sexué, c'est être travaillé
simultanément par les deux versants du signifiant, le versant imaginaire et le
versant symbolique. L'inconscient n'a pas accès à la différence ; oui et non
y sont homogènes.
Très bizarrement, c'est ça la
différence ; l'accès à "pas de différence".
Tous semblables mais pas pareils pour autant.
La prétendue violence des
jeunes dont nous faisons une juste colère vient du fait de ne pas pouvoir
parvenir à la sexuation et de n'avoir comme recours éventuel et imaginaire que
la sexualité. Sexualité qui, lorsqu'elle est le fait de quelqu'un de non
sexué, se réduit à un abord généralement assez salace puisque ne pouvant
envisager le féminin comme métaphore du vide symbolique.
Sexualité qui n'a plus alors pour faire
emblème que le référent masculin à l'instar de Johnny Halliday qui nous
serine depuis presque quarante ans : "queue je t'aime", queue je
t'aime, queue je t'aime" Ce qui est le propre de tous ceux qui n'ont pas
accès à la sexuation symbolique. C'est du propre !
Pourtant nous y passons tous.
Le discours alchimique tres porté sur des
symboles comme la numérologie en rend compte tres bien en ayant fait du nombre
"7" le chiffre de l'initié.
Au passage, je signale qu'ici
"le nombre" est imaginaire et "le chiffre" est pris dans son
sens symbolique.
Eh bien (par rapport à ce "7"),
"666" comme chiffre du malin et de l'œil mauvais ne représente que
l'impossibilité de passer au chiffre de l'initié "7".
C'est cela que Lacan nomme la
compulsion de répétition ; un six qui de ne pouvoir aborder sept se répète
pour donner 6,6,6..
C'est la même chose que queue je t'aime, queue
je t'aime, …
Et c'est pas bien malin !
Lacan parle de "la jouissance de
l'idiot" !
Je le répète, nous y passons
tous, le plus tôt étant le mieux.
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Chronique
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Voir Guy Debord, “La société du spectacle”.
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