Éros
:
ce qui unit
Thanatos : ce qui sépare

L'Amour et la Mort
A
rester dans l'un ou l'autre seul, on reste au stade binaire (quantitatif
parce que imaginaire), qui mène à l'impérialisme de la pensée unique, dans
le discours. La pensée unique, ou comme le dit Annie LEBRUN "la pensée
célibataire", consiste à vouloir appréhender le monde en faisant
l'économie de la sexuation. Sexuation qui pourtant ne fait pas référence à
la sexualité ni au couple binaire, mais au triolisme.
L'un, l'autre et l'Esprit Saint ou appelez le comme vous voulez, l'Autre
pourquoi pas ! Ça devrait leurs plaire et ben non ! Il faut qu'ils nous emmerde
avec leur problèmes de sexualité et le sexe des anges !
L'approche de la notion de sexuation montre bien que, quel que soit le biais par
lequel on aborde le fait sexué, on ne peut faire l'économie de l'évocation de
la mort et plus exactement de la fonction de la mort concernant le mode de
reproduction du vivant.
Pour
se reproduire, le vivant n'a que deux solutions:
-
soit être sexué et mortel comme les humains qui naissent sexués
virtuellement avec une sorte de devoir d'enregistrement de leur sexuation.
Comme pour les naissances !
Un enfant non déclaré est réputer ne pas exister en droit
On
appelle ça le passage de la "mort symbolique" dont le rituel
s'effectue selon les cultures par le biais du baptême, de la circoncision, de
l'excision et de l'infibulation (notions qui, comme par hasard, se trouvent
toutes centrées autour de la notion de coupure et de couture).
-
soit être non-sexué (1)
et immortel, comme l'amibe qui se reproduit par scissiparité en s'étirant,
s'étirant, jusqu'à se rompre en deux morceaux (encore la coupure) qui se
retrouvent dupliqués, celles d'aujourd'hui étant les mêmes que celles d' il y
a mille ans (sauf assèchement du marigot où elles demeurent, bien sur !).
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Ce
qui est sexué-oui est enregistré mortel, sous l'empire
conjugué de l'Éros et du Thanatos. |
Parmi
les autres, certains nombreux, nous disent souvent ce sentiment qu'ils ont de
leur éternité et de leur immortalité..
Ils
n'ont pas peur de la mort !
(Ce ne serait pas viril !)
Dans
"Le dialogue des carmélites", Georges BERNANOS montre bien le danger
qu'il y a à confondre la mort imaginaire et la mort symbolique
avec la mort dans la réalité ou la mort réelle.
Lorsque
l'Inquisition qui brûle les couvents et viole les nonnes, approche de l'abbaye,
la novice avoue sa terreur de la mort à la mère supérieure et celle-ci la
tance vertement en lui disant qu'elle est vouée à être l'épouse de Jésus et
qu'elle blasphème en disant son effroi. Quand elles sont traînées au bûcher,
la jeune novice est sereine, toute imprégnée de Dieu et contemple la mère
supérieure à moitié folle prête à tout pour qu'on l'épargne.
Elles
ne parlaient pas de la même mort !
Les
immortels (je ne parle pas des académiciens, encore que... !(2))
n'ont comme mode d'appréhension (dans les deux sens du terme) du monde que le
rapport à l' Éros.
Cela
donne des sociétés comme ce que nous avons coutume d'appeler la civilisation
occidentale (un de mes maîtres dit "les occidentés") où ce qui sert
de réfèrent à l'éducation passe par le crible du modèle hédoniste et
pornographique de la publicité, de la télévision et des journaux.
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L'Éros est érigé en mode de pensée. |
Et
pourtant, à y bien penser, cette immortalité, n'est ce pas un autre aspect
dissimulé de la mort en creux, en négatif.
L'immortel
ne peut pas mourir car il est déjà mort.
Il
faut être imprégné de ce défaut de culture ou de ce manque d'érudition à
la mode d'aujourd'hui pour ne pas voir dans le culte des morts de l'ancienne
Egypte autre chose que la promesse d'un au delà hypothétique. Ils appelaient
"mort vivant" ceux qui n'étaient pas passés par l'initiation du
Temple.
Pour
pouvoir mourir il faut être vivant !
Pour
pouvoir mourir dans la réalité, il faut être vivant symboliquement, c'est à
dire sexué.
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COLÈRE
Le
problème d'aujourd'hui est que l'on enseigne les jeunes sur un mode
uniquement binaire, c'est à dire l'Eros , ce qui a pour effet de les
mettre dans une grande colère car ce mode imaginaire les empêche
d'accéder à la sexuation d'où leur juste colère que l'on qualifie
violence.
La
violence est du côté de ceux qui les trompent sans même s'en rendre
compte (ce qui est pire) et les empêchent d'accéder à leur métier
d'homme.
Il
faut des voix pour dire à ces jeunes qu'au delà de l'ambiance
moralisante qui a cours aujourd'hui, nous les soutenons dans leur
colère et nous la partageons. |