:// Apprenez à mentir, vite!
par Charley Supper, 21 septembre 2005

« Il y a trop de différence entre ce que nous disons et ce que vivent les français. »

[Nicolas Sarkozy]

Monsieur Sarkozy a beau jeu dans un pays où plus rien ne fonctionne parce qu’ici  comme dans le monde entier, le discours social est inversé.

Discours inversé qui va, en France, jusqu'à faire de Lourdes la ville des disparitions. Les malades paraplégiques y disparaissent et leurs familles sont aux abois.

Ce discours inversé qui est aussi un discours  inverti, sévit dans tous les domaines du social !

Cela dit, parmi l'aréopage des politiques, Monsieur Sarkozy est quasiment le seul à ne pas tenir un discours fou et inversé.

Il dit quelque chose. Il dit des choses que plus personne ne peut évoquer aujourd’hui (encore moins une fois au pouvoir, c’est vrai) sans risquer d’y laisser des plumes et son poste.

Les enfants disent : " Pan, t'es mort" ou encore : "c'est celui qui le dit qui l'est" ou "ce qui est dit est dit" et leur assertion se présente uniquement sous les auspices du vrai. L’unaire, quoi, même pas le binaire !

Comme aux époques où pour parler de soi on disait moi-jaguar ou moi-arbre !

Seulement, quand les enfants en ont marre de faire le mort, ils se relèvent et vont prendre leur goûter. Les politiques, eux, ne cessent pas de "faire le mort" comme au tarot. C'est devenu leur fonds de commerce !

C'est-à-dire l'exclusion du risque !

On dit : "les politiciens mentent", c'est faux !

Les politiques sont devenus comme les mythomanes qui ne peuvent pas mentir. Ils n'ont accès qu'à l'assertion pure, c'est-à-dire la pure vérité. « Ce qui est dit est dit », ce qui revient à « ce qui est dit est vrai ».

Voilà où est menée une société qui ne rêve que de positivisme et où l’erreur, le défaut, la faille, l’absence d’image, le vide et le silence n’ont plus cours ! 

Même la science a abandonné en chemin cette vérité que les découvertes les plus fondamentales sont toujours issues d’une erreur d’éprouvette comme on dit. Cela fait toute la différence entre la preuve et l’épreuve !

Pourtant, le mythomane est guéri le jour où il parvient à mentir. Le signifiant doit, en effet, pour posséder toute son efficace, utiliser simultanément ses deux versant ; l'un qui concerne la vérité, l'autre qui est celui du mensonge au moins comme possible.

De la même manière que chacun se doit, pour affermir son métier d’homme, de parvenir au stade où homme et femme sont en chacun, consubstantiels. 

Monsieur Sarkozy, lui, prend des risques !

« Le pire risque, c’est celui de ne pas en prendre. »

Non seulement il prend des risques, mais il dit des choses.

« Je veux parler comme tous les français, clairement, simplement. La langage codé, les périphrases inutiles, la langue de bois éternelle, tout ceci contribue à l’exaspération de nos compatriotes. »

C’est surprenant ! Ce n’est pourtant pas à la mode !

Il faudra voir à l'usage, mais qu'est-ce qui pourrait aggraver les choses dans un pays (et un monde) qui forme ses enfants à êtres inscrits sous les auspices du signifiant de l'unicité et de la virilité.  Du pur binaire !

C'est-à-dire la nécessité de détruire l'Autre !

Dans un monde où les plus hautes instances juridique d’un pays (qui ne laisse pas de vouloir perpétuellement donner des leçons de morale aux autres), trouvent en dernier ressort normal qu’un chanteur presque quinquagénaire « dorme» avec des enfants de 8 ou 9 ans et le relaxent !

Plus rien de ce qui est dit aujourd’hui n’est attaché au sens. Tout est dans tout !

Monsieur Sarkozy, lui ne dit pas cela. Il dit « le tout est dans chaque parti », sous entendu, particulièrement le mien, mais le mien accepte les risques, c’est-à-dire la responsabilité. Ce n’est pas pareil !

Il ne s’en départit pas !

Or aujourd’hui, où on nous Georgina duffoyse à loisir du : « responsable mais pas coupable » ou du : « coupable mais pas responsable », cela fait du bien d’entendre un discours de responsabilité complète ou intégrale.

La responsabilité ne se partage pas !

Monsieur Sarkozy, vous nous redonnez de l’espoir, celui qu’une fois au pouvoir vous ne vous laisserez pas mener comme les autres par le clientélisme !

Quant à vous les autres, Messieurs les politiques, il y a urgence, par pitié, apprenez à mentir. Vite ! Prenez des cours, faites des thérapies ou du saut à l’élastique!

Pouvoir et savoir mentir c’est important !

Il en va de la sauvegarde de la République !

Charley Supper

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